Centre de la thyroïde · Parathyroïdes
Adénome parathyroïdien : traitement mini‑invasif sans chirurgie
L’adénome parathyroïdien, tumeur bénigne responsable de la plupart des hyperparathyroïdies primaires, se traite en premier lieu par chirurgie. Pour certains patients, il peut être détruit à travers la peau, par la chaleur ou par le froid. Voici comment ces techniques fonctionnent et comment choisir entre elles.
Qu’est-ce qu’un adénome parathyroïdien ?
Un adénome parathyroïdien est une tumeur bénigne qui se développe à partir d’une des parathyroïdes, les petites glandes situées derrière la thyroïde. Il produit trop de parathormone (PTH), ce qui fait monter le calcium dans le sang.
C’est la première cause d’hyperparathyroïdie primaire. Dans la grande majorité des cas, une seule glande est atteinte. L’adénome se situe le plus souvent derrière la thyroïde, mais il peut aussi se trouver plus bas, jusque dans le thorax : sa localisation par l’imagerie est donc indispensable avant tout traitement.
Les symptômes et le bilan de l’hyperparathyroïdie sont détaillés dans notre page Hyperparathyroïdie : symptômes et diagnostic.
Adénome parathyroïdien : chirurgie ou traitement percutané ?
La chirurgie reste le traitement de référence : elle retire l’adénome et permet le plus souvent la guérison. Les techniques percutanées constituent une alternative pour des patients sélectionnés. Leurs caractéristiques sont différentes :
| Critère | Chirurgie | Traitement percutané |
|---|---|---|
| Principe | Ablation de l’adénome par une incision du cou. | Destruction de l’adénome par une aiguille, à travers la peau. |
| Anesthésie | Le plus souvent générale. | Locale, parfois avec une sédation légère. |
| Efficacité | Guérison dans la plupart des cas. | Résultats en général inférieurs ; une nouvelle séance peut être nécessaire. |
| Pour qui ? | La majorité des patients. | Chirurgie contre-indiquée ou non souhaitée, récidive après chirurgie, adénome unique bien localisé. |
Le choix se fait en réunion pluridisciplinaire, avec l’endocrinologue et le chirurgien.
Les indications détaillées du traitement percutané sont présentées dans notre page Hyperparathyroïdie : traitement par techniques percutanées.
Ablation thermique ou cryoablation : quelle technique ?
Deux familles de techniques permettent de détruire un adénome parathyroïdien à travers la peau, sous contrôle échographique. Le centre pratique les deux, ce qui permet d’adapter le choix à chaque situation.
L’ablation thermique
Une aiguille fine placée dans l’adénome délivre de l’énergie par radiofréquence ou micro-ondes. La chaleur détruit le tissu. C’est la technique la plus étudiée. Elle demande toutefois une distance suffisante avec les structures sensibles, en particulier le nerf qui commande les cordes vocales.
La cryoablation
Une sonde refroidit l’adénome jusqu’à le détruire. La zone congelée, appelée « boule de glace », est visible en temps réel à l’échographie. Cette visibilité permet de contrôler précisément l’étendue du traitement, ce qui peut être utile lorsque l’adénome est proche de structures sensibles.
| Technique | Principe | Situations privilégiées |
|---|---|---|
| Ablation thermiqueradiofréquence, micro-ondes | Destruction par la chaleur. | Adénome bien isolé, à distance des structures sensibles. |
| Cryoablation | Destruction par le froid, zone traitée visible à l’échographie. | Adénome proche de structures sensibles, anatomie complexe, récidive après un premier traitement. |
Le choix de la technique dépend de la taille de l’adénome, de sa position et de votre situation. Il est expliqué en consultation.
Le déroulement du traitement
Échographie de repérage
L’adénome et les structures voisines sont cartographiés précisément avant le geste (voir les examens de localisation).
Anesthésie locale
L’anesthésie est réalisée au point de ponction et autour de l’adénome.
Mise en place de l’aiguille
L’aiguille ou la sonde est guidée jusqu’à l’adénome, sous échographie haute résolution. Du liquide peut être injecté pour éloigner les structures sensibles.
Destruction de l’adénome
Par la chaleur ou par le froid, sous contrôle continu. Le geste dure en général une vingtaine de minutes au plus.
Surveillance et retour
Après une courte surveillance, vous rentrez chez vous le jour même.
Résultats et suivi
La parathormone diminue rapidement lorsque l’adénome est détruit : elle est contrôlée dans les jours qui suivent le geste. Le calcium est ensuite suivi pendant plusieurs mois, avec une échographie de la zone traitée.
Si l’adénome n’est pas entièrement détruit, une nouvelle séance ou une chirurgie peut être discutée. Le suivi à long terme permet aussi de dépister une récidive.
Ce que disent les études
Les séries publiées rapportent une normalisation du calcium et de la parathormone chez une majorité des patients sélectionnés. Les résultats dépendent de la taille et de la position de l’adénome ; ils restent en général inférieurs à ceux de la chirurgie, et le recul à long terme est encore limité.
Effets secondaires et risques
Les suites les plus fréquentes sont transitoires :
- une douleur ou une gêne du cou pendant quelques jours ;
- un gonflement ou un petit hématome ;
- une baisse passagère du calcium, surveillée par prise de sang.
L’adénome étant proche du nerf qui commande les cordes vocales, une modification de la voix peut survenir. Elle est le plus souvent temporaire. Avec l’ablation thermique, une brûlure de la peau est possible mais rare. Le médecin vous explique ces risques avant toute décision.
Un adénome parathyroïdien a été localisé ?
Apportez vos bilans et vos examens d’imagerie : nous vous dirons si un traitement percutané peut se discuter, et lequel.
Questions fréquentes
Un adénome parathyroïdien est-il un cancer ?
Non. L’adénome est une tumeur bénigne. Le cancer de la parathyroïde existe, mais il est très rare ; en cas de doute, un traitement percutané n’est pas proposé.
La cryoablation est-elle douloureuse ?
Le geste est réalisé sous anesthésie locale. Une gêne ou une sensation de pression peut être ressentie, puis une sensibilité du cou peut persister quelques jours.
Que se passe-t-il si l’adénome n’est pas complètement détruit ?
Le suivi de la parathormone et du calcium permet de le détecter. Une nouvelle séance ou une chirurgie peut alors être discutée.
Faut-il un traitement après le geste ?
Parfois. Un apport en calcium ou en vitamine D peut être prescrit pendant quelque temps, selon les résultats des prises de sang. Ne prenez aucun complément sans avis médical.
Comment préparer la consultation ?
Rassemblez vos prises de sang et vos examens de localisation. La liste des documents utiles figure sur la page Préparer votre examen.
Pour aller plus loin
Ressources de référence publiées par des organismes nord-américains (en anglais).
- Primary Hyperparathyroidism — NIDDKÉtats-Unis. Fiche patient des National Institutes of Health, avec les options de traitement.
- Hyperparathyroidism — MyHealth AlbertaCanada. Fiche patient du gouvernement de l’Alberta.
- Primary hyperparathyroidism — CMAJCanada. Article de synthèse du Journal de l’Association médicale canadienne (pour les professionnels).
Prendre rendez-vous
Apportez vos prises de sang (calcium, parathormone, vitamine D, fonction rénale) et vos examens de localisation : échographie, scintigraphie, TEP-scanner. Le médecin vous indique les options qui peuvent se discuter.
Centre de Radiologie Interventionnelle
Plusieurs centres en Île-de-France · 01 84 39 01 20
Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Aucun résultat ne peut être garanti : l’indication d’un traitement percutané de l’adénome parathyroïdien repose sur une évaluation individuelle et relève d’une décision partagée. En cas d’urgence, appelez le 15.
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