Douleurs articulaires · Épaule

Capsulite rétractile : quand la capsule de l’épaule s’enraidit

Douleur qui réveille la nuit, bras qui ne se lève plus, impossible d’attraper un objet derrière soi : la capsulite rétractile, ou épaule gelée, touche la capsule de l’épaule. Voici ses phases, son diagnostic et les traitements possibles, de la kinésithérapie à l’embolisation.

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La capsule de l’épaule et la capsulite rétractile

L’articulation principale de l’épaule relie la tête de l’humérus, la « boule », à la glène de l’omoplate, la « cavité ». Elle est entourée d’une enveloppe souple, la capsule articulaire, qui permet à l’épaule d’être l’articulation la plus mobile du corps.

Dans la capsulite rétractile, cette capsule de l’épaule s’enflamme, s’épaissit puis se rétracte. L’articulation perd alors progressivement sa mobilité, dans toutes les directions. On parle aussi d’épaule gelée ou de capsulite adhésive.

Les 3 phases de la capsulite

PhaseCe qui se passeDurée habituelle
1 · DouloureuseLa capsule s’enflamme. Douleur intense, surtout la nuit ; la mobilité commence à diminuer.Quelques semaines à plusieurs mois
2 · EnraidissementLa douleur diminue, mais l’épaule devient raide ; les gestes du quotidien sont gênés.Plusieurs mois
3 · RécupérationLa mobilité revient progressivement.Plusieurs mois, parfois plus d’un an

L’évolution varie d’une personne à l’autre. La capsulite guérit le plus souvent, mais sur une durée totale qui peut dépasser un an, avec parfois une raideur résiduelle.

Capsulite de l’épaule : quels symptômes ?

  • une douleur profonde de l’épaule, qui peut descendre dans le bras ;
  • une douleur nocturne, qui empêche de dormir sur le côté atteint ;
  • une raideur progressive : le bras ne se lève plus, ne tourne plus ;
  • une gêne pour s’habiller, se coiffer, attraper un objet derrière soi.

Signe caractéristique : la mobilité est réduite même lorsque le médecin bouge lui-même le bras, en particulier la rotation vers l’extérieur. C’est ce qui distingue la capsulite d’une tendinite, où l’épaule reste mobile quand on la bouge passivement.

Capsulite rétractile : une soignante teste la mobilité de l’épaule d’une patiente, qui grimace de douleur en se tenant l’épaule.
L’examen mesure la mobilité de l’épaule, bras bougé par le patient puis par le médecin.

Les causes et facteurs de risque

La capsulite rétractile touche surtout les personnes de 40 à 60 ans, plus souvent les femmes. Elle peut apparaître sans cause identifiée, ou être favorisée par :

  • le diabète, qui augmente nettement le risque ;
  • une maladie de la thyroïde ;
  • une immobilisation de l’épaule : après une fracture, une chirurgie, un accident vasculaire cérébral ;
  • un traumatisme ou une tendinite de l’épaule.

Comment se fait le diagnostic ?

  1. Examen clinique

    Le diagnostic est avant tout clinique : perte de mobilité active et passive, en particulier en rotation externe.

  2. Radiographies

    Normales dans la capsulite, elles écartent d’autres causes : arthrose, calcification, fracture.

  3. Échographie ou IRM

    Elles recherchent une lésion des tendons associée et peuvent montrer l’épaississement de la capsule.

  4. Prise de sang, selon le contexte

    Elle recherche un diabète ou une maladie de la thyroïde.

Capsulite rétractile : quels traitements ?

Les traitements visent à calmer la douleur et à préserver puis récupérer la mobilité, en s’adaptant à la phase :

OptionPrincipeQuand ?
MédicamentsAntalgiques, anti-inflammatoires en cure courte.Phase douloureuse.
KinésithérapieMobilisation douce, sans forcer pendant la phase douloureuse, puis travail d’amplitude.Toutes les phases, adaptée à chacune.
InfiltrationCorticoïde injecté dans l’articulation, sous guidage de l’image.Phase douloureuse surtout.
Distension capsulaireInjection d’un volume de liquide pour étirer la capsule rétractée.Raideur installée.
EmbolisationRéduction des petits vaisseaux liés à l’inflammation de la capsule.Douleur persistante malgré un traitement bien conduit.
ChirurgieLibération de la capsule sous arthroscopie.Raideur sévère qui ne s’améliore pas.

La stratégie se décide avec votre médecin traitant, votre rhumatologue ou votre chirurgien.

Infiltration et distension de la capsule

L’infiltration consiste à injecter un corticoïde dans l’articulation principale de l’épaule. Réalisée sous guidage échographique ou radiologique, elle permet de contrôler précisément la position de l’aiguille. Elle soulage surtout pendant la phase douloureuse, de façon temporaire.

La distension capsulaire, ou hydrodistension, associe l’infiltration à l’injection d’un volume plus important de liquide, qui étire la capsule rétractée. Elle est suivie de séances de kinésithérapie pour entretenir le gain de mobilité.

D’autres infiltrations de l’épaule, par exemple dans la bourse sous-acromiale, concernent d’autres causes de douleur : elles sont présentées dans notre page Douleurs de l’épaule.

L’embolisation de la capsulite rétractile

Pendant la phase inflammatoire, de petits vaisseaux anormaux se développent dans la capsule, associés à la douleur. L’embolisation vise à réduire ces vaisseaux pour diminuer l’inflammation et la douleur, et faciliter ainsi la rééducation.

Schéma de l’embolisation de la capsulite rétractile : un cathéter atteint les artères de l’épaule et injecte un produit embolisant pour réduire l’inflammation.
Le cathéter délivre de fines particules dans les petites artères de l’épaule liées à l’inflammation.

Le déroulement

  1. Anesthésie locale

    Au point de ponction, le plus souvent au poignet.

  2. Cartographie des artères

    Un fin cathéter est guidé jusqu’à l’épaule ; une artériographie repère les vaisseaux anormaux.

  3. Embolisation

    De très fines particules sont injectées de façon ciblée.

  4. Fin du geste

    Le cathéter est retiré, une compression est posée au poignet, puis vous rentrez chez vous le jour même.

Résultats et effets secondaires

Les effets secondaires sont en général transitoires :

  • une gêne ou un hématome au point de ponction ;
  • une douleur de l’épaule passagère après le geste ;
  • une coloration temporaire de la peau de l’épaule ;
  • plus rarement, une atteinte de la peau liée à la diminution de l’apport sanguin.

Ce que disent les études

L’embolisation de la capsulite rétractile est une technique récente. Les séries publiées rapportent une diminution de la douleur et une amélioration de la mobilité chez une partie des patients, mais les études restent peu nombreuses et le recul limité. Elle ne remplace pas la kinésithérapie, qui reste indispensable.

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Questions fréquentes

Combien de temps dure une capsulite rétractile ?

L’ensemble des trois phases dure le plus souvent de plusieurs mois à plus d’un an. Les traitements visent à mieux passer la phase douloureuse et à récupérer la mobilité dans de bonnes conditions.

Faut-il bouger son épaule en cas de capsulite ?

Oui, mais sans forcer. Pendant la phase douloureuse, les mouvements doux évitent d’aggraver la raideur ; la rééducation devient plus active ensuite, avec un kinésithérapeute.

Quelle différence entre capsulite et tendinite de l’épaule ?

Dans la tendinite, l’épaule reste mobile quand le médecin bouge le bras. Dans la capsulite, la capsule rétractée bloque le mouvement, même passif, en particulier la rotation vers l’extérieur.

La capsulite peut-elle toucher l’autre épaule ?

C’est possible, notamment chez les personnes diabétiques. Une récidive sur la même épaule est en revanche rare.

D’autres réponses sont regroupées dans notre page Capsulite rétractile : questions fréquentes.

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Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Aucun résultat ne peut être garanti : l’indication d’une embolisation ou d’un autre geste repose sur une évaluation individuelle et relève d’une décision partagée. En cas d’urgence, appelez le 15.

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