Douleurs articulaires · Genou

Arthrose du genou : symptômes, stades et traitements

Douleur à la marche, genou raide le matin, gonflement par poussées : l’arthrose du genou, ou gonarthrose, est la plus fréquente des arthroses. Voici comment la reconnaître, évaluer son stade, et quels traitements existent, des mesures simples à l’embolisation et à la chirurgie.

Mise à jour Lecture 6 minutes

Qu’est-ce que l’arthrose du genou ?

L’arthrose du genou, ou gonarthrose, est une maladie de l’articulation qui évolue lentement, souvent par poussées. Elle associe plusieurs lésions :

  • l’usure progressive du cartilage, l’amortisseur qui recouvre les extrémités des os ;
  • des remaniements de l’os sous le cartilage, avec l’apparition de becs osseux, les ostéophytes ;
  • une inflammation de la membrane synoviale, qui tapisse l’intérieur de l’articulation.

Elle peut toucher un seul genou ou les deux, et concerner la partie interne, externe ou la rotule. Elle devient plus fréquente avec l’âge, mais n’est pas une fatalité : son évolution et ses symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre.

Arthrose du genou : quels symptômes ?

  • une douleur mécanique : à la marche, dans les escaliers, en se relevant, et soulagée par le repos ;
  • une raideur au réveil ou après une position assise, qui cède en quelques minutes ;
  • des poussées avec un genou gonflé et chaud, parfois un épanchement de liquide ;
  • des craquements, une sensation de blocage ou d’instabilité ;
  • à un stade avancé, une déformation de la jambe, en « O » ou en « X ».
Arthrose du genou : une praticienne en blouse examine le genou d’une patiente assise, qui porte une genouillère.
L’examen du genou recherche un gonflement, une raideur et une déformation.

Les signes qui doivent faire consulter rapidement

Un genou brutalement très gonflé, rouge et chaud avec de la fièvre, une douleur intense qui empêche tout appui, ou un mollet douloureux et gonflé justifient une consultation en urgence. En cas de doute, appelez le 15.

Les causes et facteurs de risque

  • L’âge, premier facteur de risque ;
  • le surpoids, qui augmente les contraintes sur le genou à chaque pas ;
  • un traumatisme ancien : lésion du ménisque, rupture d’un ligament, fracture ;
  • une déviation de l’axe de la jambe, en « O » ou en « X » ;
  • le sexe féminin et des facteurs génétiques ;
  • des contraintes répétées, professionnelles (port de charges, travail à genoux) ou sportives.

Comment se fait le diagnostic ?

  1. Examen clinique

    Le médecin interroge sur la douleur, examine la mobilité, l’axe de la jambe et recherche un épanchement.

  2. Radiographies en charge

    Réalisées debout, elles montrent le pincement de l’espace entre les os et les ostéophytes. Elles suffisent le plus souvent au diagnostic.

  3. Examens complémentaires, si besoin

    Une IRM ou une échographie est demandée lorsque la douleur n’est pas expliquée par les radiographies. Une prise de sang peut écarter un rhumatisme inflammatoire.

Les stades de l’arthrose du genou

Le stade radiographique est souvent décrit selon la classification de Kellgren et Lawrence. Il ne reflète pas toujours l’intensité de la douleur.

StadeCe que montre la radiographie
Stade 1 · douteuxPossible petit ostéophyte, pincement douteux.
Stade 2 · débutantOstéophytes nets, pincement possible de l’interligne.
Stade 3 · modéréPlusieurs ostéophytes, pincement net, densification de l’os.
Stade 4 · sévèrePincement marqué, gros ostéophytes, déformation des extrémités osseuses.

Arthrose genou : quels traitements ?

Il n’existe pas de traitement qui fasse repousser le cartilage. Les traitements visent à soulager la douleur, préserver la mobilité et ralentir l’évolution. Ils se combinent et s’adaptent au stade :

OptionPrincipePour qui ?
Mesures de basePerte de poids, activité physique adaptée, renforcement musculaire, kinésithérapie.Tous les patients, à tous les stades.
MédicamentsAntalgiques, anti-inflammatoires en cure courte, en gel ou en comprimés.Poussées douloureuses.
AidesCanne, genouillère, semelles adaptées.Selon la gêne et l’axe du genou.
InfiltrationInjection dans l’articulation, idéalement guidée par l’image.Poussée inflammatoire ou douleur persistante.
Gestes interventionnelsEmbolisation des artères du genou, radiofréquence ou cryoneurolyse des nerfs du genou.Douleur persistante malgré un traitement bien conduit, chirurgie non souhaitée ou non indiquée.
ChirurgieOstéotomie de correction, prothèse partielle ou totale.Arthrose avancée et invalidante.

La stratégie se décide avec votre médecin traitant, votre rhumatologue ou votre chirurgien orthopédiste.

Les techniques qui agissent sur les nerfs du genou sont présentées dans notre page Douleurs du genou.

L’infiltration du genou

L’infiltration consiste à injecter un médicament directement dans l’articulation, le plus souvent un corticoïde pour calmer une poussée inflammatoire. Elle peut soulager pendant plusieurs semaines, mais son effet est temporaire et le nombre d’infiltrations est limité.

Réalisée sous guidage échographique ou radiologique, elle permet de contrôler la position de l’aiguille et d’injecter le produit précisément au bon endroit. Lorsque les infiltrations ne soulagent plus suffisamment, d’autres options peuvent être discutées.

L’embolisation de l’arthrose du genou

Dans l’arthrose, l’inflammation de la membrane synoviale s’accompagne du développement de petits vaisseaux anormaux, associés à la douleur. L’embolisation des artères géniculées vise à réduire ces vaisseaux pour diminuer l’inflammation et la douleur.

Schéma de l’embolisation de l’arthrose du genou : un cathéter remonte dans l’artère jusqu’au genou et injecte un produit embolisant pour réduire l’inflammation.
Le cathéter délivre de fines particules dans les petites artères du genou liées à l’inflammation.

Le déroulement

  1. Anesthésie locale

    Au point de ponction, à l’aine ou parfois plus bas sur la jambe.

  2. Cartographie des artères

    Un fin cathéter est guidé jusqu’au genou ; une artériographie repère les vaisseaux anormaux.

  3. Embolisation

    De très fines particules sont injectées de façon ciblée pour réduire ces vaisseaux.

  4. Fin du geste

    Le cathéter est retiré, une compression est réalisée, puis vous restez sous surveillance quelques heures.

Pour qui ?

L’embolisation peut se discuter pour une arthrose du genou légère à modérée, avec une douleur qui persiste depuis plusieurs mois malgré un traitement médical bien conduit, lorsque la chirurgie n’est pas indiquée ou pas souhaitée. Elle est en général moins adaptée aux arthroses très avancées, qui relèvent plutôt de la chirurgie.

Effets secondaires

  • une gêne ou un hématome au point de ponction ;
  • une douleur du genou transitoire après le geste ;
  • une coloration temporaire de la peau du genou, qui disparaît en général en quelques jours ;
  • plus rarement, une atteinte de la peau ou de l’os liée à une diminution trop importante de l’apport sanguin.

Ce que disent les études

L’embolisation de l’arthrose du genou est une technique récente. Les études publiées, dont certains essais comparatifs, montrent une diminution de la douleur chez une partie des patients, avec des résultats variables et un recul encore limité. Elle reste en cours d’évaluation et ne remplace pas les autres traitements.

Une arthrose du genou qui vous gêne malgré les traitements ?

Apportez vos radiographies et IRM récentes : le médecin évalue les options qui peuvent se discuter dans votre cas.

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Questions fréquentes

Comment soulager l’arthrose du genou au quotidien ?

Les mesures les plus efficaces sont la perte de poids en cas de surpoids, une activité physique régulière et douce (marche, vélo, natation), le renforcement des muscles de la cuisse, et le froid ou la chaleur selon les sensations. Les médicaments antidouleur se prennent sur avis médical.

Faut-il éviter certains aliments en cas d’arthrose ?

Aucun aliment ne guérit ni n’aggrave directement l’arthrose. Une alimentation équilibrée, qui aide à maintenir un poids adapté, est en revanche utile, car chaque kilo en moins réduit les contraintes sur le genou.

Peut-on faire du sport avec une arthrose du genou ?

Oui, et c’est même recommandé. Privilégiez les activités sans chocs, comme la marche, le vélo ou la natation, et adaptez l’intensité pendant les poussées.

Combien de temps faut-il pour récupérer après une embolisation du genou ?

Le retour à domicile a lieu en général le jour même. La marche reprend rapidement, en évitant les efforts importants pendant quelques jours. L’effet sur la douleur s’évalue sur plusieurs semaines.

Qu’est-ce qu’une gonarthrose bilatérale ?

C’est une arthrose qui touche les deux genoux. Les deux articulations ne sont pas forcément au même stade, et le traitement est adapté à chacune.

D’autres réponses sont regroupées dans notre page Arthrose du genou : questions fréquentes.

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Apportez vos radiographies en charge, vos IRM éventuelles, vos comptes rendus d’infiltration et la liste de vos traitements.

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Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Aucun résultat ne peut être garanti : l’indication d’une embolisation ou d’un autre geste repose sur une évaluation individuelle et relève d’une décision partagée. En cas d’urgence, appelez le 15.

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