Centre de la thyroïde
Embolisation du goitre thyroïdien : traitement mini‑invasif ciblé
Lorsqu’un goitre devient gênant, plusieurs traitements existent. Dans des situations sélectionnées, l’embolisation permet de réduire progressivement le volume du goitre sans retirer la thyroïde, en agissant sur les artères qui l’alimentent.
Quand faut-il traiter un goitre ?
Beaucoup de goitres ne nécessitent aucun traitement : une surveillance régulière par échographie thyroïdienne suffit. Un traitement se discute en revanche lorsque le goitre :
- comprime la trachée ou l’œsophage : gêne pour respirer ou pour avaler ;
- entraîne une déformation visible et gênante du cou ;
- grossit au fil des contrôles ;
- s’accompagne d’un excès d’hormones thyroïdiennes.
Un préalable indispensable
Aucun traitement n’est envisagé sans un bilan complet du goitre : échographie, prise de sang, cytoponction des nodules qui le justifient et, si besoin, scanner. Ces étapes sont détaillées dans notre page Goitre thyroïdien : diagnostic.
Les options de traitement du goitre
Le choix du traitement dépend de la cause du goitre, de son volume, de sa forme et de la gêne ressentie. L’embolisation n’est qu’une des options possibles.
| Option | Pour quels goitres ? | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Surveillance | Goitres sans gêne, stables, sans nodule suspect. | Contrôles cliniques, sanguins et échographiques réguliers. |
| Traitement médical | Goitres avec excès ou manque d’hormones. | Corrige le fonctionnement de la thyroïde ; agit peu sur un goitre multinodulaire. |
| Iode radioactif | Certains goitres qui produisent trop d’hormones. | Traitement de médecine nucléaire, qui réduit aussi le volume. |
| Embolisation | Goitres symptomatiques et bien vascularisés, cas sélectionnés. | Réduction progressive du volume, sans ablation. Technique encore peu répandue. |
| Chirurgie | Goitres volumineux et compressifs, plongeants, ou associés à un nodule suspect. | Traitement de référence de ces situations. Retire tout ou partie de la thyroïde. |
Chaque indication est individuelle et se discute en réunion pluridisciplinaire, en lien avec votre endocrinologue.
En quoi consiste l’embolisation du goitre thyroïdien ?
L’embolisation du goitre thyroïdien est un geste de radiologie interventionnelle. Le médecin introduit un cathéter très fin dans une artère, puis le guide jusqu’aux artères qui alimentent la thyroïde, sous contrôle radiologique.
Il y injecte de fines particules qui réduisent l’apport sanguin des zones responsables de l’augmentation de volume. Privé d’une partie de sa vascularisation, le goitre diminue progressivement. La thyroïde n’est pas retirée : il s’agit d’un traitement conservateur.
Une technique de recours
L’embolisation du goitre reste peu répandue. Elle est proposée dans des situations sélectionnées, par des équipes entraînées à l’embolisation, notamment lorsque la chirurgie est jugée à risque ou n’est pas souhaitée. Les données disponibles proviennent surtout de séries de patients.
Pour qui l’embolisation du goitre est-elle envisagée ?
L’embolisation peut se discuter lorsque :
- le goitre est symptomatique : gêne respiratoire, difficulté à avaler, déformation du cou ;
- il présente une vascularisation importante visible à l’imagerie ;
- la chirurgie est jugée à risque ou n’est pas souhaitée ;
- une réduction du volume est recherchée sans retirer la thyroïde ;
- le bilan confirme la faisabilité technique du geste.
À l’inverse, elle n’est pas proposée en cas de nodule suspect ou de cancer. Si le bilan montre un nodule isolé plutôt qu’un goitre, voir notre page Nodule thyroïdien : traitement. Certaines situations, comme une allergie au produit de contraste ou une insuffisance rénale, sont évaluées avant toute décision.
Le déroulement de l’embolisation
La préparation
Avant le geste, le médecin vérifie le bilan du goitre, la fonction rénale et vos traitements, en particulier les anticoagulants ou antiagrégants. Les consignes précises, dont le jeûne éventuel, vous sont remises lors de la consultation ; les documents utiles sont sur la page Préparer votre examen.
Le jour de l’intervention
Installation
Le geste a lieu en salle d’angiographie.
Anesthésie
Une anesthésie locale est réalisée au point de ponction, parfois associée à une sédation légère.
Accès artériel
Une artère est ponctionnée, au pli de l’aine ou au poignet, pour introduire le cathéter.
Embolisation
Les artères thyroïdiennes sont repérées puis embolisées de façon sélective, sous contrôle radiologique permanent.
Contrôle et surveillance
Un contrôle final par imagerie est réalisé, suivi d’une surveillance. Le retour à domicile a lieu le jour même ou le lendemain, selon les cas.
Résultats et suivi
La réduction du volume du goitre est progressive, sur plusieurs semaines à plusieurs mois. La gêne liée à la compression s’améliore en parallèle chez les patients qui répondent au traitement.
Un suivi clinique, biologique et échographique est programmé pour mesurer l’évolution du goitre et vérifier le fonctionnement de la thyroïde. Si le résultat est insuffisant, les autres options, dont la chirurgie, restent possibles.
Ce que disent les études
Les publications sur l’embolisation du goitre rapportent une réduction significative du volume chez des patients sélectionnés. Ces résultats proviennent surtout de séries de patients, avec un recul encore limité : ils sont évalués pour chaque situation avant la décision.
Effets secondaires et risques
Dans les jours qui suivent, les réactions les plus fréquentes sont transitoires :
- une douleur ou une tension dans le cou ;
- une fièvre modérée et une fatigue ;
- un hématome au point de ponction de l’artère ;
- une variation passagère du fonctionnement de la thyroïde, surveillée par prise de sang.
Plus rarement peut survenir une modification de la voix. Exceptionnellement, des particules peuvent atteindre un territoire non ciblé, avec des conséquences potentiellement graves : c’est pourquoi le geste est réalisé sous contrôle radiologique permanent, par une équipe entraînée. Le médecin vous explique ces risques avant toute décision.
Votre goitre relève-t-il d’un traitement mini‑invasif ?
Apportez vos échographies, scanners et bilans sanguins : nous vous indiquerons les options qui peuvent se discuter dans votre cas.
Questions fréquentes
L’embolisation fait-elle disparaître le goitre ?
Non, elle vise à réduire son volume et la gêne qu’il provoque. La thyroïde reste en place, avec un volume diminué.
Faut-il un traitement hormonal après une embolisation du goitre ?
La thyroïde étant conservée, elle continue en général de fonctionner. Des prises de sang de contrôle permettent de le vérifier et d’adapter un traitement si nécessaire.
L’embolisation est-elle douloureuse ?
La ponction de l’artère se fait sous anesthésie locale. Une douleur du cou peut apparaître dans les jours suivants ; elle est prise en charge par des antalgiques.
Une chirurgie reste-t-elle possible après une embolisation ?
Oui. Si le goitre ne diminue pas suffisamment ou si la situation évolue, une chirurgie peut toujours être discutée.
Quels examens faut-il avant de discuter d’une embolisation ?
Un bilan complet du goitre : échographie, prise de sang, cytoponction des nodules qui le justifient et, si besoin, scanner. Il est détaillé sur la page Goitre thyroïdien : diagnostic.
Pour aller plus loin
Ressources de référence publiées par des organismes nord-américains (en anglais).
- Goiter — American Thyroid AssociationÉtats-Unis. Fiche patient : causes, symptômes et traitements du goitre.
- Adding to the Toolbox: Thyroid Artery Embolization — American Thyroid AssociationÉtats-Unis. Podcast de l’ATA et de Medscape consacré à l’embolisation des artères thyroïdiennes.
- Simple goiter — MedlinePlusÉtats-Unis. Encyclopédie médicale de la National Library of Medicine (NIH).
- Thyroid Patient Guides — Thyroid Foundation of CanadaCanada. Guides patients de la fondation canadienne de la thyroïde.
Prendre rendez-vous
Apportez vos échographies, scanners, bilans sanguins et, le cas échéant, vos résultats de cytoponction. Le médecin fait le point sur votre goitre et vous présente les options adaptées.
Centre de Radiologie Interventionnelle
Plusieurs centres en Île-de-France · 01 84 39 01 20
Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Aucun résultat ne peut être garanti : l’indication d’une embolisation du goitre thyroïdien repose sur une évaluation individuelle et relève d’une décision partagée. En cas d’urgence, appelez le 15.
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