Centre de la thyroïde
Goitre thyroïdien : diagnostic par échographie spécialisée
Un cou qui s’épaissit, une gêne pour avaler, une sensation de serrement : ces signes peuvent révéler un goitre. Le plus souvent bénin, le goitre thyroïdien mérite pourtant un bilan précis pour en connaître la cause, mesurer son retentissement et choisir la prise en charge adaptée.
Qu’est-ce qu’un goitre ?
Un goitre désigne une augmentation de volume de la thyroïde, la glande en forme de papillon située à la base du cou. On parle aussi de goitre thyroïdien. Il peut concerner toute la glande de façon homogène, ou être formé de plusieurs nodules thyroïdiens.
Le goitre est fréquent, en particulier chez les femmes. Il ne signifie pas que la thyroïde fonctionne mal : dans de nombreux cas, la production d’hormones reste normale. Il peut toutefois s’accompagner d’un excès ou d’un manque d’hormones, selon sa cause.
Les différents types de goitre
| Type de goitre | Description | Fonction thyroïdienne |
|---|---|---|
| Goitre diffus | La thyroïde augmente de volume de façon homogène, sans nodule. | Souvent normale ; parfois augmentée (maladie de Basedow) ou diminuée (thyroïdite de Hashimoto). |
| Goitre multinodulaire | Plusieurs nodules se développent dans la glande, qui grossit progressivement. | Le plus souvent normale ; certains nodules peuvent produire trop d’hormones. |
| Goitre plongeant | Le goitre descend derrière le sternum, dans le thorax. | Variable. Il peut comprimer la trachée ou l’œsophage. |
Quelles sont les causes d’un goitre thyroïdien ?
Plusieurs mécanismes peuvent faire grossir la thyroïde :
- une prédisposition familiale, fréquente dans le goitre multinodulaire ;
- un apport insuffisant en iode, cause historique du goitre, devenue moins fréquente en France ;
- une maladie auto-immune de la thyroïde, comme la maladie de Basedow ou la thyroïdite de Hashimoto ;
- les variations hormonales, notamment pendant la grossesse ;
- l’âge : les nodules et le volume de la glande tendent à augmenter avec les années.
Goitre thyroïdien : quels symptômes ?
Un petit goitre ne donne souvent aucun symptôme. Lorsqu’il grossit, il peut entraîner :
- un gonflement visible à la base du cou ;
- une gêne pour avaler ou une sensation de boule dans la gorge ;
- une sensation de serrement, surtout au col des vêtements ;
- une gêne respiratoire, une toux ou un essoufflement, en particulier en position allongée ou à l’effort ;
- selon la cause, des signes d’hyperthyroïdie (palpitations, amaigrissement, nervosité) ou d’hypothyroïdie (fatigue, frilosité, prise de poids).
Consultez rapidement en cas de difficulté à respirer, de respiration bruyante, de goitre qui grossit vite, de voix enrouée qui persiste ou de douleur du cou. En cas de détresse respiratoire, appelez le 15.
Le bilan diagnostique du goitre
Le diagnostic du goitre répond à trois questions : quelle est sa forme, comment fonctionne la thyroïde, et le goitre retentit-il sur les organes voisins ?
Examen clinique
Le médecin palpe la thyroïde pendant que vous avalez, recherche des nodules et des ganglions, et vous interroge sur vos symptômes et vos antécédents familiaux.
Prise de sang
Le dosage de la TSH évalue le fonctionnement de la thyroïde. Selon le résultat, d’autres hormones ou des anticorps sont recherchés.
Échographie thyroïdienne
Elle mesure le volume de la glande, précise sa forme et analyse chaque nodule. En savoir plus sur l’échographie.
Examens complémentaires, si nécessaire
Cytoponction d’un nodule, scanner pour un goitre plongeant, scintigraphie en cas d’hyperthyroïdie.
L’échographie du goitre, réalisée pendant la consultation
Au centre, l’échographie thyroïdienne est réalisée par le médecin pendant la consultation. Complétée par le Doppler, elle permet d’analyser en un seul temps le goitre et sa vascularisation, et de vous expliquer directement les résultats.
Ce que le médecin recherche sur l’échographie
- le volume global de la thyroïde et son caractère diffus ou nodulaire ;
- la taille et le nombre des nodules, et le score EU‑TIRADS de chacun ;
- une éventuelle extension vers le thorax ;
- les rapports du goitre avec la trachée et l’œsophage ;
- la vascularisation de la glande, augmentée dans certaines maladies auto-immunes ;
- l’aspect des ganglions du cou.
Une précision utile
Lorsque le goitre descend dans le thorax, l’échographie ne permet pas d’en voir toute l’étendue. Un scanner est alors demandé pour mesurer la partie plongeante et évaluer une compression de la trachée.
Votre goitre vous gêne ?
Dans des cas sélectionnés, un goitre volumineux peut être traité par embolisation, sans chirurgie.
Après le diagnostic : quelle prise en charge ?
La prise en charge dépend de la cause du goitre, de son volume, de la gêne ressentie et du fonctionnement de la thyroïde :
- La surveillance : pour un goitre sans symptôme, stable et sans nodule suspect.
- Le traitement médical : pour corriger un excès ou un manque d’hormones.
- L’iode radioactif : dans certains goitres qui produisent trop d’hormones.
- L’embolisation du goitre : dans des cas sélectionnés, une technique mini‑invasive par voie artérielle permet de réduire le volume de la glande, sans chirurgie. Elle est présentée sur notre page Embolisation du goitre thyroïdien.
- La chirurgie : pour un goitre volumineux et compressif, plongeant, ou associé à un nodule suspect.
Si le bilan met en évidence un nodule isolé plutôt qu’un goitre, consultez notre page Nodule thyroïdien : traitement.
On vous a découvert un goitre ?
Apportez vos examens : l’échographie réalisée pendant la consultation permet de faire le point sur votre goitre.
Questions fréquentes
Un goitre est-il grave ?
Dans la grande majorité des cas, non. Un goitre est le plus souvent bénin. Il nécessite cependant un bilan, pour vérifier le fonctionnement de la thyroïde, écarter un nodule suspect et s’assurer qu’il ne comprime pas les organes voisins.
Un goitre peut-il disparaître ?
Cela dépend de sa cause. Un goitre lié à un déséquilibre hormonal peut diminuer avec le traitement. Un goitre multinodulaire, en revanche, a plutôt tendance à rester stable ou à grossir lentement : il est alors surveillé ou traité selon la gêne.
Faut-il prendre de l’iode en cas de goitre ?
Non, pas sans avis médical. En France, les apports en iode sont en général suffisants, et un excès d’iode peut déséquilibrer une thyroïde déjà malade. Seul le médecin peut juger d’un éventuel traitement.
À quelle fréquence faut-il surveiller un goitre ?
Le rythme dépend de la taille du goitre, de ses nodules et de son évolution. Le médecin vous indique la date du prochain contrôle à l’issue du bilan.
Faut-il être à jeun pour l’échographie ?
Non. Aucune préparation particulière n’est nécessaire. Les documents utiles sont listés sur la page Préparer votre examen.
Pour aller plus loin
Ressources de référence pour les patients, publiées par des organismes nord-américains (en anglais).
- Goiter — American Thyroid AssociationÉtats-Unis. Fiche patient de la société savante américaine de la thyroïde.
- Simple goiter — MedlinePlusÉtats-Unis. Encyclopédie médicale de la National Library of Medicine (NIH).
- Thyroid Ultrasound — RadiologyInfo.orgÉtats-Unis. L’échographie de la thyroïde expliquée par l’ACR et la RSNA.
- Thyroid Nodules — Thyroid Foundation of CanadaCanada. Guide patient sur les nodules, fréquents dans le goitre multinodulaire.
Prendre rendez-vous
Apportez vos échographies précédentes, vos derniers bilans sanguins et, le cas échéant, vos résultats de cytoponction ou de scanner. L’échographie est réalisée pendant la consultation.
Centre de Radiologie Interventionnelle
Plusieurs centres en Île-de-France · 01 84 39 01 20
Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Le diagnostic d’un goitre thyroïdien repose sur une analyse au cas par cas, conformément aux recommandations en vigueur. En cas d’urgence, appelez le 15.
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