Centre des névralgies
Névralgie d’Arnold : symptômes et diagnostic
Des décharges à l’arrière du crâne, une douleur qui remonte vers le sommet de la tête ou derrière l’œil, un cuir chevelu sensible au moindre contact : ces signes évoquent une névralgie d’Arnold. Voici comment la reconnaître, la distinguer d’un simple mal de tête et confirmer le diagnostic.
Qu’est-ce que la névralgie d’Arnold ?
La névralgie d’Arnold, ou névralgie occipitale, est une douleur provoquée par l’irritation d’un nerf de l’arrière de la tête : le nerf grand occipital, appelé nerf d’Arnold. Ce nerf naît dans la partie haute de la colonne cervicale, traverse les muscles de la nuque, puis remonte sous le cuir chevelu jusqu’au sommet du crâne.
Lorsqu’il est comprimé ou irrité le long de ce trajet, il transmet des signaux douloureux dans tout son territoire. La douleur touche le plus souvent un seul côté de la tête. D’autres nerfs occipitaux, plus petits, peuvent être concernés de la même manière.
- A1·A2Nerfs occipitaux (Arnold)
- V1–V3Nerf trijumeau (visage)
Les symptômes de la névralgie d’Arnold
La névralgie d’Arnold se reconnaît surtout à la nature et à l’emplacement de la douleur. Les signes typiques sont :
- des douleurs en décharge électrique ou en coup de poignard, brèves et répétées, à l’arrière du crâne ;
- une douleur qui part de la nuque et remonte vers le sommet de la tête, parfois jusque derrière l’œil ;
- une atteinte d’un seul côté dans la plupart des cas ;
- une sensibilité du cuir chevelu : se coiffer ou poser la tête sur l’oreiller peut devenir douloureux ;
- un point douloureux à la pression à la base du crâne, là où le nerf émerge.
Entre les crises, une douleur sourde ou une sensation d’engourdissement du cuir chevelu peut persister. En revanche, une douleur qui descend dans l’épaule, le bras ou la main n’évoque pas une névralgie d’Arnold : elle oriente vers une atteinte d’une racine nerveuse cervicale (voir douleurs cervicales).
Quelles sont les causes ?
Dans de nombreux cas, aucune cause précise n’est retrouvée. Plusieurs facteurs peuvent toutefois irriter le nerf d’Arnold :
- des tensions ou contractures des muscles de la nuque, que le nerf traverse ;
- un traumatisme cervical, comme un « coup du lapin » lors d’un accident ;
- une arthrose de la partie haute de la colonne cervicale ;
- des postures prolongées qui sollicitent la nuque, par exemple devant un écran.
Plus rarement, la douleur est liée à une autre lésion de la région. C’est pourquoi un bilan médical reste indispensable, surtout lorsque la douleur est récente ou inhabituelle.
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic repose d’abord sur la consultation. Le médecin fait préciser le type de douleur, son trajet, sa durée et ce qui la déclenche. Il recherche ensuite un point douloureux à la pression du nerf, à la base du crâne.
Le bloc anesthésique
Pour confirmer que le nerf d’Arnold est bien en cause, le médecin peut réaliser un bloc anesthésique : une petite injection d’anesthésique au contact du nerf, guidée par échographie. Si la douleur disparaît temporairement, le diagnostic est conforté. Ce test permet aussi de savoir si un traitement ciblé du nerf, comme la cryoneurolyse, a des chances d’être utile.
L’imagerie
Une IRM est demandée lorsque la douleur est récente, atypique, ou lorsqu’une autre cause doit être écartée. L’échographie, de son côté, permet de visualiser le nerf et de guider les gestes.
À distinguer
La névralgie d’Arnold est souvent confondue avec la migraine, la céphalée de tension ou une douleur venant des articulations du cou. Or ces maux de tête ne se traitent pas de la même façon. Un diagnostic précis évite des traitements inadaptés.
Le diagnostic est confirmé ?
Lorsque les médicaments ne suffisent plus, la cryoneurolyse guidée par échographie peut être discutée.
Névralgie d’Arnold et stress : quel lien ?
Le stress n’est pas une cause de névralgie d’Arnold, mais il entretient les tensions musculaires de la nuque et favorise les mauvaises postures, ce qui peut aggraver la douleur et la raideur.
Prendre soin de son sommeil, pratiquer une activité physique régulière, corriger sa posture au bureau et utiliser un oreiller adapté font partie des mesures utiles au quotidien, en complément du traitement.
Quand consulter en urgence ?
La névralgie d’Arnold n’est pas dangereuse. Cependant, certains maux de tête peuvent révéler une autre cause, qui nécessite une prise en charge immédiate.
Appelez le 15 en cas de mal de tête brutal et d’une intensité inhabituelle, de fièvre avec raideur de la nuque, de faiblesse ou d’engourdissement d’un côté du corps, de trouble de la parole ou de la vision.
Questions fréquentes
La névralgie d’Arnold est-elle grave ?
Non, elle n’engage pas le pronostic vital. En revanche, la douleur peut être intense et gêner le sommeil, le travail ou la concentration. Un bilan permet aussi de vérifier qu’aucune autre cause n’est en jeu.
Combien de temps dure une crise de névralgie d’Arnold ?
Les décharges durent de quelques secondes à quelques minutes et peuvent se répéter dans la journée. Entre les crises, une douleur sourde ou une sensibilité du cuir chevelu peut persister.
Névralgie d’Arnold ou migraine : comment faire la différence ?
La migraine dure en général plusieurs heures, souvent avec des nausées et une gêne à la lumière. La névralgie d’Arnold donne plutôt des décharges brèves, qui partent de la nuque et suivent l’arrière du crâne, avec un point douloureux à la pression.
Le stress peut-il aggraver une névralgie d’Arnold ?
Le stress n’en est pas la cause. Il peut toutefois augmenter les tensions des muscles de la nuque, que le nerf traverse, et ainsi entretenir ou aggraver les douleurs. Gérer ces tensions fait partie de la prise en charge.
Quels traitements après le diagnostic ?
Le traitement est progressif : médicaments et kinésithérapie d’abord, puis gestes guidés par échographie si la douleur persiste, dont la cryoneurolyse. Ils sont détaillés sur la page Névralgie d’Arnold : traitement.
Pour aller plus loin
Ressources de référence pour les patients, publiées par des organismes nord-américains (en anglais).
- Occipital Neuralgia — American Migraine FoundationÉtats-Unis. Fiche patient : symptômes et différence avec la migraine.
- Occipital Neuralgia — Johns Hopkins MedicineÉtats-Unis. Causes, symptômes et diagnostic.
- Occipital Neuralgia — Cleveland ClinicÉtats-Unis. Fiche patient complète.
- Injections and Blocks for Headache — Migraine CanadaCanada. Le bloc du nerf occipital expliqué aux patients.
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Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Le diagnostic d’une névralgie d’Arnold repose sur une évaluation individuelle. En cas d’urgence, appelez le 15.
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