Centre des névralgies
Névralgie du trijumeau : symptômes, causes et traitements
Une décharge électrique fulgurante dans la joue en se brossant les dents, en parlant ou sous un simple courant d’air : la névralgie du trijumeau est l’une des douleurs du visage les plus intenses. Voici comment la reconnaître, ce qui la provoque et quelles solutions existent.
Qu’est-ce que la névralgie du trijumeau ?
La névralgie du trijumeau est une douleur du visage provoquée par l’atteinte du nerf trijumeau. Ce nerf assure la sensibilité de la face. Il se divise en trois branches, d’où son nom :
- V1, le nerf ophtalmique : le front, la paupière supérieure et l’œil ;
- V2, le nerf maxillaire : la joue, la lèvre supérieure, les dents du haut ;
- V3, le nerf mandibulaire : la mâchoire, le menton, la lèvre inférieure, les dents du bas.
La douleur touche presque toujours un seul côté du visage. Elle concerne le plus souvent les branches V2 et V3, plus rarement le front.
- V1Nerf ophtalmique
- V2Nerf maxillaire
- V3Nerf mandibulaire
- A1·A2Nerfs occipitaux
Les symptômes de la névralgie du trijumeau
La névralgie du trijumeau se distingue par des crises très caractéristiques :
- une douleur fulgurante, en décharge électrique ou en coup de poignard, d’un seul côté du visage ;
- des décharges très brèves, de quelques secondes le plus souvent, qui peuvent se répéter en salves ;
- des crises déclenchées par un geste anodin : parler, mâcher, se brosser les dents, se raser, se maquiller, ou un courant d’air sur la joue ;
- des zones gâchettes, souvent autour du nez ou de la bouche, dont le simple effleurement réveille la douleur ;
- une douleur qui reste dans le territoire d’une ou deux branches du nerf.
La maladie évolue souvent par périodes : plusieurs semaines de crises, puis des phases de rémission qui peuvent durer des mois. Chez certains patients, une douleur de fond, sourde ou brûlante, persiste entre les décharges.
Une précision utile
Parce qu’elle touche les mâchoires, la névralgie du trijumeau est souvent prise pour une douleur dentaire. Des soins ou des extractions sont parfois réalisés sans soulager la douleur. Une douleur en décharge, déclenchée par l’effleurement du visage, doit faire évoquer ce diagnostic.
Quelles sont les causes ?
On distingue trois situations :
- La forme classique, la plus fréquente : un vaisseau, le plus souvent une artère, comprime la racine du nerf à sa sortie du tronc cérébral. On parle de conflit neurovasculaire.
- La forme secondaire : la névralgie est liée à une autre maladie, comme une sclérose en plaques ou une lésion qui comprime le nerf.
- La forme idiopathique : aucune cause n’est retrouvée malgré le bilan.
La névralgie du trijumeau survient plus souvent après 50 ans et touche un peu plus les femmes. Lorsqu’elle apparaît chez une personne jeune, la recherche d’une cause secondaire est d’autant plus importante.
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic est d’abord clinique. Le médecin fait décrire précisément les crises : leur durée, leur localisation, ce qui les déclenche. L’examen du visage vérifie la sensibilité de chaque branche du nerf.
Ensuite, une IRM cérébrale avec des séquences dédiées au nerf trijumeau est réalisée. Elle recherche un conflit neurovasculaire et permet surtout d’écarter une cause secondaire. Ce bilan est indispensable avant d’envisager tout traitement autre que les médicaments.
Ce qui peut y ressembler
- une douleur dentaire ou une infection d’un sinus ;
- un trouble de l’articulation de la mâchoire ;
- l’algie vasculaire de la face, dont les crises durent plus longtemps et s’accompagnent d’un larmoiement ;
- une douleur persistante après un zona du visage.
Vous reconnaissez ces symptômes ?
La consultation permet de préciser le diagnostic et d’organiser le bilan adapté.
Les traitements de la névralgie du trijumeau
Le traitement de la névralgie du trijumeau est d’abord médicamenteux. Les interventions ne sont envisagées que si les médicaments ne suffisent plus ou sont mal tolérés.
Les médicaments
Certains antiépileptiques, en particulier la carbamazépine ou l’oxcarbazépine, sont le traitement de référence. Ils soulagent la plupart des patients au début. Leur dose est ajustée progressivement, et leurs effets indésirables (somnolence, vertiges, troubles de l’équilibre) nécessitent un suivi médical, parfois avec des prises de sang.
Quand les médicaments ne suffisent plus
| Option | Principe | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Décompression vasculaire | Intervention neurochirurgicale qui écarte le vaisseau comprimant le nerf. | Nécessite une anesthésie générale et une ouverture du crâne. Préserve la sensibilité du visage. Réservée aux conflits neurovasculaires visibles à l’IRM. |
| Techniques percutanées | Une aiguille atteint le ganglion du nerf à travers la joue, sous guidage de l’imagerie, pour agir par la chaleur (thermocoagulation) ou par compression. | Sans ouverture du crâne. Soulagement souvent rapide, mais un engourdissement du visage est fréquent. La douleur peut récidiver avec le temps. |
| Radiochirurgie | Irradiation très précise de la racine du nerf, sans incision. | L’effet est différé, sur plusieurs semaines. Un engourdissement du visage est possible. |
Chaque indication est individuelle et se discute en concertation avec un neurologue et un neurochirurgien.
Le rôle du centre
Le centre des névralgies accompagne le bilan de la douleur et participe à l’orientation vers l’option la plus adaptée. Les gestes guidés par l’imagerie sont discutés au cas par cas, en lien avec votre neurologue et une équipe de neurochirurgie.
Quand consulter rapidement ?
Une névralgie du trijumeau n’est pas une urgence vitale. Toutefois, certains signes associés à une douleur du visage justifient un avis médical rapide.
Consultez sans attendre en cas d’engourdissement permanent du visage, de trouble de la vision, de faiblesse d’un côté du corps ou de trouble de la parole. Appelez le 15 en cas de mal de tête brutal et inhabituel.
Questions fréquentes
La névralgie du trijumeau est-elle grave ?
Elle n’engage pas le pronostic vital dans sa forme classique. En revanche, la douleur est parmi les plus intenses qui existent et peut empêcher de manger ou de parler. L’IRM permet aussi de vérifier qu’aucune autre maladie n’est en cause.
Combien de temps dure une crise ?
Chaque décharge dure de quelques secondes à deux minutes au plus. Elles peuvent toutefois se succéder en salves, plusieurs fois par jour, pendant des semaines.
La névralgie du trijumeau peut-elle disparaître ?
Des périodes de rémission, parfois longues, sont fréquentes. La douleur a cependant tendance à revenir. C’est pourquoi le traitement est adapté au fil de l’évolution.
Névralgie du trijumeau ou mal de dents : comment faire la différence ?
Une douleur dentaire est plutôt continue, sensible au chaud ou au froid, et liée à une dent précise. La névralgie du trijumeau donne des décharges brèves, déclenchées par l’effleurement du visage ou la parole. En cas de doute, un avis dentaire et un avis médical sont complémentaires.
Qui consulter pour une névralgie du trijumeau ?
Votre médecin traitant pose les premières hypothèses et débute souvent le traitement. Le neurologue confirme le diagnostic et suit le traitement médicamenteux. Le neurochirurgien et les équipes spécialisées dans la douleur interviennent lorsque d’autres options sont envisagées.
Prendre rendez-vous
Apportez vos examens (IRM, comptes rendus) et la liste de vos traitements. Le médecin fait le point sur votre douleur et vous oriente vers la prise en charge la plus adaptée.
Centre de Radiologie Interventionnelle
Plusieurs centres en Île-de-France · 01 84 39 01 20
Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Aucun résultat ne peut être garanti : toute indication thérapeutique nécessite une évaluation individuelle et relève d’une décision partagée. En cas d’urgence, appelez le 15.
Prendre rendez-vous