Centre de la thyroïde

Thyroïdite : diagnostic et prise en charge spécialisée

Une douleur du cou qui irradie vers l’oreille, une fatigue inexpliquée, des palpitations après une grossesse ou un taux d’anticorps anormal : ces situations peuvent révéler une thyroïdite. Il en existe plusieurs formes, qui ne se soignent pas de la même façon. Voici comment les distinguer.

Mise à jour Lecture 6 minutes

Qu’est-ce qu’une thyroïdite ?

Une thyroïdite est une inflammation de la thyroïde, la glande en forme de papillon située à la base du cou. Ce terme regroupe des maladies très différentes : certaines sont d’origine auto-immune, d’autres font suite à une infection virale, à une grossesse ou à la prise de certains médicaments.

L’inflammation peut perturber le fonctionnement de la glande. Selon la forme et le moment, la thyroïde peut alors produire trop d’hormones, pas assez, ou fonctionner normalement.

Schéma d’un buste en maillage montrant la glande thyroïde, siège de la thyroïdite, à la base du cou.
La thyroïde, à la base du cou, en avant de la trachée.

Les différentes formes de thyroïdite

FormeCaractéristiquesTraitement habituel
Thyroïdite de HashimotoMaladie auto-immune chronique, la plus fréquente. Non douloureuse. Évolue souvent vers un manque d’hormones.Hormone thyroïdienne de remplacement si nécessaire.
Thyroïdite subaiguë de De QuervainSouvent après une infection virale. Cou douloureux, fièvre, fatigue. Excès d’hormones transitoire, puis retour à la normale dans la plupart des cas.Anti-inflammatoires, parfois corticoïdes.
Thyroïdite du post-partumDans l’année qui suit un accouchement. Non douloureuse. Phase d’excès puis de manque d’hormones.Surveillance ; traitement des symptômes si besoin.
Thyroïdite silencieuseProche de la forme du post-partum, en dehors d’une grossesse. Non douloureuse.Surveillance ; traitement des symptômes si besoin.
Thyroïdite médicamenteuseLiée à certains traitements, comme l’amiodarone, le lithium ou certaines immunothérapies.Adaptée au médicament en cause, avec le médecin prescripteur.
Thyroïdite aiguë infectieuseRare. Infection bactérienne : douleur intense, fièvre, gonflement, parfois abcès.Urgence : antibiotiques, parfois drainage guidé par l’imagerie.

Thyroïdite : quels symptômes ?

Les symptômes d’une thyroïdite dépendent de sa forme :

  • une douleur de la base du cou, qui peut irradier vers la mâchoire ou l’oreille, dans la thyroïdite subaiguë ;
  • des signes d’excès d’hormones : palpitations, nervosité, tremblements, amaigrissement, transpiration ;
  • des signes de manque d’hormones : fatigue, frilosité, prise de poids, constipation, peau sèche ;
  • une augmentation de volume de la thyroïde (goitre), parfois sensible au toucher.

La thyroïdite de Hashimoto est souvent découverte sans aucun symptôme, sur une prise de sang montrant des anticorps ou une TSH anormale.

Comment se fait le diagnostic d’une thyroïdite ?

Le diagnostic associe l’examen, la biologie et l’imagerie. Chaque élément aide à préciser la forme de thyroïdite.

Thyroïdite : une médecin gantée palpe le cou d’une jeune patiente assise, pour examiner sa thyroïde.
La palpation recherche une thyroïde augmentée de volume ou douloureuse.
  1. Examen clinique

    Le médecin palpe la thyroïde, recherche une douleur, et fait le point sur les antécédents : infection récente, grossesse, traitements.

  2. Prise de sang

    TSH et hormones thyroïdiennes pour le fonctionnement de la glande ; anticorps antithyroïdiens pour une origine auto-immune ; marqueurs d’inflammation dans la forme subaiguë.

  3. Échographie avec Doppler

    Elle analyse l’aspect de la glande et sa vascularisation, et recherche un nodule associé. En savoir plus sur l’échographie.

  4. Examens complémentaires, si nécessaire

    Une scintigraphie peut distinguer une thyroïdite d’une maladie de Basedow. Une ponction est réalisée en cas de nodule suspect ou d’abcès.

L’échographie de la thyroïdite, réalisée pendant la consultation

Au centre, l’échographie thyroïdienne est réalisée par le médecin pendant la consultation. Complétée par le Doppler, elle apporte des éléments précieux :

  • le volume de la thyroïde et son aspect, homogène ou hétérogène ;
  • des zones plus sombres et mal limitées, évocatrices d’une thyroïdite subaiguë ;
  • un aspect diffusément remanié, fréquent dans la thyroïdite de Hashimoto ;
  • la vascularisation de la glande, qui aide à différencier certaines formes ;
  • un nodule associé, un abcès ou des ganglions à explorer.
Thyroïdite : un médecin en blouse blanche tient un stéthoscope contre sa poitrine.
Les résultats de l’échographie et de la prise de sang sont analysés ensemble.

La prise en charge d’une thyroïdite

Dans la très grande majorité des cas, le traitement d’une thyroïdite est médical. Il vise à soulager la douleur, à corriger un excès ou un manque d’hormones, et à surveiller l’évolution. Beaucoup de formes, comme la thyroïdite subaiguë ou celle du post-partum, régressent en quelques mois.

La radiologie interventionnelle intervient dans des situations précises :

  • le drainage d’un abcès thyroïdien, guidé par l’échographie, en complément des antibiotiques ;
  • la ponction d’un nodule associé qui le justifie ;
  • pour de rares formes douloureuses qui résistent aux traitements médicaux, une approche interventionnelle peut être discutée au cas par cas.

Une précision utile

Les traitements interventionnels des thyroïdites réfractaires, comme l’embolisation, sont en cours d’évaluation. Ils ne sont envisagés qu’après échec des traitements médicaux bien conduits, et après discussion en réunion pluridisciplinaire. Ils sont présentés dans notre page Thyroïdite : embolisation des formes réfractaires.

Une thyroïdite est suspectée ?

Apportez vos prises de sang : l’échographie réalisée pendant la consultation permet de préciser la forme de thyroïdite.

Quand consulter en urgence ?

Consultez en urgence en cas de cou très douloureux et gonflé avec fièvre élevée, de difficulté à avaler ou à respirer, ou de palpitations importantes avec malaise. En cas de détresse, appelez le 15.

Questions fréquentes

Une thyroïdite guérit-elle ?

Cela dépend de la forme. La thyroïdite subaiguë et celle du post-partum régressent le plus souvent en quelques mois. La thyroïdite de Hashimoto est chronique, mais le manque d’hormones qu’elle entraîne se contrôle bien par un traitement de remplacement.

Quelle différence entre thyroïdite et hypothyroïdie ?

La thyroïdite désigne l’inflammation de la glande. L’hypothyroïdie désigne un manque d’hormones. Une thyroïdite peut entraîner une hypothyroïdie, mais aussi un excès d’hormones ou aucune anomalie.

La thyroïdite de Hashimoto est-elle grave ?

Non, dans la grande majorité des cas. Elle nécessite un suivi régulier de la TSH et, si besoin, un traitement hormonal, souvent au long cours. Un nodule associé doit être évalué par échographie.

Faut-il suivre un régime en cas de thyroïdite ?

Aucun régime ne soigne une thyroïdite. Évitez en revanche les compléments riches en iode sans avis médical, qui peuvent déséquilibrer la thyroïde.

Quand l’embolisation d’une thyroïdite est-elle envisagée ?

Uniquement pour de rares formes qui résistent aux traitements médicaux bien conduits, après discussion en réunion pluridisciplinaire. Cette approche est présentée sur la page Thyroïdite : embolisation des formes réfractaires.

Pour aller plus loin

Ressources de référence pour les patients, publiées par des organismes nord-américains (en anglais).

Prendre rendez-vous

Apportez vos prises de sang (TSH, hormones thyroïdiennes, anticorps, marqueurs d’inflammation) et vos échographies précédentes. L’échographie est réalisée pendant la consultation.

Centre de Radiologie Interventionnelle

Plusieurs centres en Île-de-France · 01 84 39 01 20

Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Le diagnostic et le traitement d’une thyroïdite relèvent d’une évaluation au cas par cas, en lien avec l’endocrinologue, conformément aux recommandations en vigueur. En cas d’urgence, appelez le 15.

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