Douleurs et thérapies · Main et poignet
Hydrodissection du canal carpien : en quoi consiste ce traitement ?
Fourmillements nocturnes, engourdissement des doigts, perte de force : le syndrome du canal carpien vient de la compression du nerf médian au poignet. Quand les symptômes persistent, l’hydrodissection permet de dégager le nerf par une simple injection guidée par l’image, sans incision.
Le syndrome du canal carpien, et pourquoi ne pas trop attendre
Le canal carpien est un passage étroit du poignet où circulent les tendons fléchisseurs et le nerf médian. Quand la pression y augmente, le nerf souffre : c’est le syndrome du canal carpien.
Il se manifeste par des fourmillements et un engourdissement des doigts, souvent la nuit, une douleur qui peut remonter dans l’avant-bras, et une perte de force pour saisir les objets.
Lorsque la compression dure, les troubles de la sensibilité peuvent devenir durables et les muscles de la base du pouce peuvent fondre. Écrire ou tenir un objet devient pénible, et le sommeil est perturbé. C’est pourquoi une prise en charge précoce est préférable.
Dans les formes les plus sévères, avec des symptômes constants et une atteinte importante de la fonction de la main, la chirurgie est généralement proposée. Même à ce stade, l’hydrodissection peut parfois être discutée pour soulager la douleur, en complément du traitement médical ou avant une intervention.
Le principe de l’hydrodissection
L’hydrodissection est une infiltration ciblée, mais différente d’une infiltration classique de corticoïdes : on injecte un liquide physiologique, sérum salé ou dextrose, autour du nerf médian.
Ce liquide décolle le nerf des tissus qui l’enserrent dans le canal, ce qui réduit la pression exercée sur lui. L’objectif est de diminuer la douleur et les fourmillements, et d’améliorer l’usage de la main.
Le geste se fait sans anesthésie générale, sans incision et sans cicatrice, en ambulatoire.
Pour qui cette technique peut-elle se discuter ?
- les formes légères à modérées du syndrome du canal carpien ;
- une récidive après chirurgie ;
- un refus de la chirurgie ou une contre-indication à l’intervention ;
- une intolérance aux anti-inflammatoires.
Elle peut permettre de retarder, voire d’éviter la chirurgie, en particulier lorsque des gestes répétitifs ou le port de charges sont à l’origine des symptômes. L’indication est posée au cas par cas, après une évaluation spécialisée.
Comment se déroule le geste ?
Installation
Vous êtes installé confortablement, le bras détendu.
Anesthésie locale
Elle est réalisée au niveau de la paume de la main ou du poignet.
Repérage
Le radiologue interventionnel guide l’aiguille par échographie ou par scanner, au plus près du nerf médian, sans le toucher.
Injection
Le liquide décolle progressivement le nerf des structures voisines et réduit la pression dans le canal.
Le geste est réalisé par une équipe associant radiologue, infirmier et anesthésiste, dans une salle qui combine imagerie et gestes thérapeutiques.
Se préparer à l’intervention
- apportez vos examens d’imagerie (échographie, IRM) et vos comptes rendus ;
- signalez vos traitements, en particulier les anticoagulants ;
- apportez votre dernière prise de sang si vous en avez une.
Le geste ne nécessite ni jeûne, ni hospitalisation.
Après le geste : suites et récupération
Contrairement à la chirurgie du canal carpien, il n’y a ni incision, ni immobilisation prolongée, ni rééducation systématique. La reprise des activités professionnelles se fait généralement sous 48 à 72 heures, en évitant les gestes répétitifs les jours suivants.
Des effets transitoires peuvent survenir : sensation de tension, gêne locale ou rougeur, qui disparaissent en général en 24 à 48 heures. Un arrêt de travail est rarement nécessaire, sauf pour les métiers sollicitant fortement la main et le poignet.
Comme tout geste médical, l’hydrodissection comporte des risques, qui vous sont expliqués avant la décision. Aucun résultat ne peut être garanti.
Des fourmillements de la main qui vous réveillent la nuit ?
Apportez votre échographie ou votre IRM, votre électromyogramme si vous en avez un, et la liste de vos traitements.
Ce que disent les études
Un essai comparatif
Un essai randomisé portant sur 63 patients, présenté au congrès de la Radiological Society of North America, a comparé l’hydrodissection guidée par échographie à une infiltration de corticoïdes. La réduction de la section du nerf médian à l’échographie était de 43 à 46 % dans les groupes traités par hydrodissection, contre 11 % avec les corticoïdes. Source : Bose et al., RSNA, présenté dans Thema Radiologie
L’hydrodissection reste une technique récente : les études disponibles portent sur des effectifs limités et le recul est encore court. Elle ne remplace pas la chirurgie dans les formes sévères.
Questions fréquentes
L’hydrodissection remplace-t-elle l’opération du canal carpien ?
Pas toujours. Elle s’adresse surtout aux formes légères à modérées, ou lorsque la chirurgie n’est pas souhaitée ou pas possible. Dans les formes sévères, la chirurgie reste la référence.
Le geste est-il douloureux ?
Il est réalisé sous anesthésie locale. Une sensation de tension pendant l’injection est possible, ainsi qu’une gêne passagère les heures suivantes.
Faut-il arrêter ses anticoagulants ?
Ne les arrêtez jamais de vous-même. Signalez-les lors de la consultation : le médecin vous indiquera la conduite à tenir.
Le geste peut-il être répété ?
Cela se discute au cas par cas, selon l’effet obtenu et l’évolution des symptômes.
Prendre rendez-vous
Apportez vos examens (échographie, IRM, électromyogramme), vos comptes rendus, votre dernière prise de sang si vous en avez une, et la liste de vos traitements.
Centre de Radiologie Interventionnelle
Plusieurs centres en Île-de-France · 01 84 39 01 20
Information médicale. Les informations présentées ont une vocation informative et pédagogique et ne remplacent pas une consultation médicale personnalisée. L’indication d’une hydrodissection repose sur une évaluation spécialisée, réalisée au cas par cas, conformément aux recommandations médicales en vigueur.
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