Traitements mini‑invasifs · Prostate

Traitement de l’HBP : comparaison des différentes techniques

Médicaments, résection, vapeur d’eau, laser, embolisation : plusieurs traitements existent pour l’hypertrophie bénigne de la prostate. Aucun n’est le meilleur pour tout le monde. Voici ce qui distingue ces techniques et comment le choix se construit avec votre urologue.

Mise à jour Lecture 4 minutes

Qu’est-ce que l’hypertrophie bénigne de la prostate ?

Avec l’âge, la prostate augmente de volume, de façon non cancéreuse : c’est l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), aussi appelée adénome de la prostate. Quand elle comprime le canal de l’urine, elle provoque des troubles urinaires : jet faible, envies fréquentes ou urgentes, levers nocturnes, sensation de vessie mal vidée.

Un chiffre clé

L’HBP touche plus de 50 % des hommes de plus de 60 ans. Source : AP-HP, Inserm et Université Paris Cité, 2023

Traitement de l’HBP : un patient assis sur une table d’examen pendant une consultation.
Le choix du traitement se construit en consultation, avec l’urologue.

Quand faut-il traiter ?

Une prostate augmentée de volume ne se traite pas systématiquement. Le traitement se discute selon la gêne ressentie, mesurée notamment par le score IPSS, et en présence de complications :

  • des infections urinaires à répétition ;
  • une rétention d’urine ;
  • des calculs de la vessie ;
  • un retentissement sur les reins.

L’impossibilité totale d’uriner, avec envie pressante et douleur du bas-ventre, est une rétention aiguë d’urine : c’est une urgence, consultez immédiatement.

Les techniques disponibles

Les traitements médicamenteux

Ils constituent la première étape : alphabloquants, inhibiteurs de la 5-alpha-réductase, parfois associés. Ils soulagent les symptômes mais doivent être pris au long cours et peuvent avoir des effets indésirables.

La résection transurétrale (RTUP ou TURP)

Chirurgie de référence, réalisée par les voies naturelles sous anesthésie générale ou rachianesthésie. Elle retire le tissu qui comprime le canal urinaire. Elle nécessite une hospitalisation et une sonde urinaire quelques jours. C’est la technique avec le recul le plus important sur l’amélioration des symptômes. Elle entraîne fréquemment une éjaculation rétrograde.

Le laser

Vaporisation ou énucléation au laser : même principe que la résection, avec des saignements souvent moindres. Utile notamment pour les prostates volumineuses ou chez les patients sous anticoagulants.

La vapeur d’eau (Rezum)

De la vapeur est injectée dans la prostate pour réduire le tissu en excès. Technique peu invasive, avec une phase d’irritation urinaire les semaines suivantes et un sondage temporaire fréquent. Elle est surtout proposée pour les prostates de volume modéré.

L’embolisation des artères prostatiques

Geste de radiologie interventionnelle, réalisé sous anesthésie locale, qui réduit l’apport sanguin de la prostate pour en diminuer progressivement le volume.

Le comparatif

CritèreEmbolisationRésection (RTUP)Vapeur d’eau
AnesthésieLocaleGénérale ou rachianesthésieLocale ou sédation
HospitalisationAmbulatoire le plus souventQuelques joursCourte, parfois ambulatoire
Sonde urinaireRarementQuelques joursSouvent, quelques jours
Éjaculation rétrogradeRareFréquentePossible
Recul et niveau de preuveTechnique plus récente, données en cours d’accumulationLe plus importantIntermédiaire
Prostates volumineusesPossibleSelon le volume ; laser souvent préféréMoins adaptée

Ce tableau donne des tendances générales. Les résultats varient selon l’anatomie, le volume de la prostate, les traitements en cours et les priorités de chacun. Aucune technique n’est supérieure dans toutes les situations.

L’embolisation des artères prostatiques en pratique

Le geste est réalisé par un radiologue interventionnel, sous anesthésie locale, avec un cathéter introduit dans une artère au pli de l’aine ou au poignet, sous guidage par imagerie en temps réel. Aucune incision n’est nécessaire, et le retour à domicile a lieu le plus souvent le jour même.

Le volume de la prostate diminue progressivement, sur plusieurs semaines : l’amélioration des symptômes n’est donc pas immédiate.

Ce que montrent les études

L’essai français PARTEM, mené à l’hôpital européen Georges-Pompidou et publié dans The Lancet Regional Health – Europe en 2023, a comparé l’embolisation à un traitement médicamenteux combiné chez des patients dont les symptômes n’étaient plus contrôlés : l’embolisation constitue une alternative intéressante dans cette situation. Les comparaisons avec la chirurgie restent, elles, moins nombreuses. Source : AP-HP, 2023

Les suites comportent le plus souvent une gêne urinaire passagère, parfois des brûlures, du sang dans les urines ou le sperme, et une gêne au point de ponction. Comme tout geste médical, l’embolisation comporte des risques, expliqués avant la décision. Aucun résultat ne peut être garanti.

Comment se fait le choix ?

La décision revient à une évaluation urologique : examen clinique, score des symptômes, débitmétrie, échographie, dosage du PSA selon les cas. Le radiologue interventionnel intervient ensuite pour évaluer la faisabilité du geste.

Entrent en compte le volume et l’anatomie de la prostate, les traitements en cours, les autres maladies, la tolérance à l’anesthésie et vos priorités personnelles, notamment concernant la vie sexuelle.

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Questions fréquentes

L’embolisation est-elle meilleure que la chirurgie ?

Non, ce n’est pas la bonne question. La chirurgie a le recul le plus important sur l’amélioration des symptômes ; l’embolisation est moins invasive et se fait sous anesthésie locale. Le choix dépend de votre situation et de vos priorités, avec l’urologue.

L’embolisation affecte-t-elle la sexualité ?

L’éjaculation rétrograde est plus rare qu’après une résection. Cela ne signifie pas une absence totale d’effet : ce point se discute en consultation, avec les données propres à votre situation.

L’HBP augmente-t-elle le risque de cancer ?

Non. L’hypertrophie bénigne n’est pas un cancer et n’y conduit pas. Les deux peuvent toutefois coexister, d’où l’importance du suivi urologique.

Faut-il un avis urologique avant l’embolisation ?

Oui. L’indication est posée après un bilan urologique, en concertation avec le radiologue interventionnel.

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Information médicale. Les informations présentées ont une vocation informative et pédagogique et ne remplacent pas une consultation médicale personnalisée. L’indication d’un traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate repose sur une évaluation urologique, en concertation avec le radiologue interventionnel, réalisée au cas par cas, conformément aux recommandations médicales en vigueur.

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