Douleurs articulaires · Coude

Épicondylite latérale : quel traitement pour le tennis elbow ?

Douleur sur la face externe du coude en serrant une main, en portant un sac ou en tapant au clavier : l’épicondylite latérale, ou tennis elbow, est la plus fréquente des tendinopathies du coude. Voici comment la reconnaître et quels traitements existent, des exercices à l’embolisation.

Mise à jour Lecture 5 minutes

Qu’est-ce que l’épicondylite latérale ?

L’épicondylite latérale, appelée tennis elbow ou tendinite du coude, touche les tendons des muscles qui relèvent le poignet et les doigts. Ces tendons s’attachent sur une petite saillie osseuse de la face externe du coude : l’épicondyle latéral.

Sous l’effet de sollicitations répétées, le tendon s’abîme à cet endroit. Plus qu’une simple inflammation, il s’agit le plus souvent d’une dégradation du tendon, avec parfois l’apparition de petits vaisseaux anormaux. C’est pourquoi on parle aujourd’hui de tendinopathie.

Elle touche surtout les adultes de 35 à 55 ans, le plus souvent au bras dominant. Malgré son nom, la grande majorité des patients ne jouent pas au tennis.

Les symptômes de l’épicondylite

  • une douleur sur la face externe du coude, qui peut descendre dans l’avant-bras ;
  • une douleur déclenchée en serrant ou en saisissant : poignée de main, tasse, sac, outil, souris d’ordinateur ;
  • une perte de force de la poigne ;
  • une douleur au toucher de l’épicondyle.

La douleur s’installe en général progressivement. Le coude reste mobile et n’est habituellement pas gonflé : un coude gonflé, chaud ou bloqué doit faire rechercher une autre cause.

Épicondylite : une médecin en blouse examine le bras tendu d’un patient, une main sur son épaule, l’autre sur son avant-bras.
L’examen recherche une douleur à la pression de l’épicondyle et lors de l’extension du poignet contre résistance.

Causes et facteurs de risque

Ce qui favorise le tennis elbow

  • les gestes répétitifs de préhension ou d’extension du poignet, au travail (artisans, métiers manuels, travail sur écran, cuisine) ou dans les loisirs (bricolage, jardinage) ;
  • les sports de raquette et de lancer, surtout en cas de technique ou de matériel inadaptés ;
  • une reprise brutale d’activité, sans temps de récupération suffisant ;
  • le port de charges bras tendu ;
  • plus rarement, un choc direct sur le coude.

Comment se fait le diagnostic ?

  1. Examen clinique

    Il suffit le plus souvent : douleur à la pression de l’épicondyle, réveillée par l’extension du poignet ou du majeur contre résistance.

  2. Échographie

    Elle montre un tendon épaissi ou fissuré et, au Doppler, d’éventuels vaisseaux anormaux. Elle guide aussi les gestes.

  3. Radiographies ou IRM, si besoin

    Elles écartent une autre cause, comme une arthrose ou une atteinte du nerf, en cas de doute ou d’échec des traitements.

Épicondylite : quels traitements ?

L’épicondylite évolue favorablement dans la majorité des cas, mais souvent lentement, sur plusieurs mois. Le traitement vise à soulager la douleur et à permettre au tendon de cicatriser :

OptionPrincipeCe qu’il faut savoir
Adaptation des gestesRéduire les mouvements douloureux, revoir l’ergonomie ou la technique sportive.Base du traitement ; l’immobilisation complète n’est pas recommandée.
Kinésithérapie et exercicesÉtirements et renforcement progressif des muscles de l’avant-bras.Traitement de référence, efficace sur la durée.
Bracelet anti-épicondyliteBande serrée sous le coude qui soulage le tendon pendant l’effort.Complément utile au quotidien.
MédicamentsAnti-inflammatoires en gel ou en cure courte.Soulagement temporaire.
Infiltration de corticoïdeInjection près du tendon.Soulage à court terme, mais les récidives sont fréquentes ; à utiliser avec prudence.
Gestes interventionnelsEmbolisation, ténotomie percutanée ou autres techniques guidées par l’image.Pour les formes qui persistent depuis plusieurs mois malgré un traitement bien conduit.
ChirurgieLibération ou réparation du tendon.Rarement nécessaire, en dernier recours.

La stratégie se décide avec votre médecin traitant, votre rhumatologue, votre médecin du sport ou votre chirurgien.

Exercices pour la tendinite du coude

Les exercices sont au cœur du traitement. Réalisez-les idéalement après l’avis d’un kinésithérapeute, sans jamais forcer : une gêne légère est acceptable, une douleur vive doit faire arrêter l’exercice.

  1. Étirement des muscles extenseurs

    Bras tendu devant vous, paume vers le bas, pliez le poignet vers le bas et accentuez doucement avec l’autre main. Tenez 20 à 30 secondes, 3 fois.

  2. Renforcement excentrique du poignet

    Avant-bras posé sur une table, main dans le vide paume vers le bas, tenez une petite bouteille d’eau. Relevez le poignet avec l’aide de l’autre main, puis redescendez lentement sans aide. Commencez par une série de 10 à 15 répétitions.

  3. Serrer une balle souple

    Serrez doucement une balle en mousse pendant quelques secondes, puis relâchez. Répétez une dizaine de fois, si cela reste indolore.

  4. Rotations de l’avant-bras

    Coude au corps, tenez un objet léger et tournez lentement la paume vers le haut puis vers le bas.

Traitement de l’épicondylite par embolisation

Dans les épicondylites qui durent, de petits vaisseaux anormaux se développent autour du tendon abîmé, associés à la douleur. L’embolisation vise à réduire ces vaisseaux pour diminuer la douleur et faciliter la rééducation.

Schéma de l’embolisation de l’épicondylite latérale : un cathéter remonte dans une artère de l’avant-bras jusqu’au coude et injecte un produit embolisant pour réduire l’inflammation.
Le cathéter, introduit au poignet, délivre de fines particules dans les petites artères du coude liées à la douleur.

Le déroulement

  1. Anesthésie locale

    Au point de ponction, le plus souvent au poignet.

  2. Cartographie des artères

    Un fin cathéter est guidé jusqu’au coude ; une artériographie repère les vaisseaux anormaux.

  3. Embolisation

    De très fines particules sont injectées de façon ciblée.

  4. Fin du geste

    Le cathéter est retiré, une compression est posée, puis vous rentrez chez vous le jour même.

Pour qui ?

L’embolisation peut se discuter pour une épicondylite qui persiste depuis plusieurs mois malgré un traitement bien conduit, notamment la kinésithérapie, avant d’envisager la chirurgie.

Effets secondaires

  • une gêne ou un hématome au point de ponction ;
  • une douleur du coude passagère ;
  • une coloration temporaire de la peau de l’avant-bras ou du coude ;
  • plus rarement, une atteinte de la peau liée à la diminution de l’apport sanguin.

Ce que disent les études

L’embolisation de l’épicondylite est une technique récente. Les premières études rapportent une diminution de la douleur chez une partie des patients, mais elles portent sur de petits effectifs et le recul est limité. Elle reste en cours d’évaluation et ne remplace pas la rééducation.

Une épicondylite qui dure malgré les traitements ?

Apportez vos échographies, IRM et comptes rendus de kinésithérapie : le médecin évalue les options qui peuvent se discuter.

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Questions fréquentes

Combien de temps dure une épicondylite ?

Elle guérit le plus souvent en quelques mois, parfois en un an ou plus. Adapter ses gestes et faire les exercices régulièrement aident à raccourcir cette durée.

Faut-il arrêter le sport ou le travail ?

Un arrêt complet n’est généralement pas nécessaire. Il s’agit plutôt de réduire les gestes douloureux, de revoir la technique ou le poste de travail, et de reprendre progressivement.

L’infiltration est-elle un bon traitement de l’épicondylite ?

Elle soulage souvent rapidement, mais l’effet est temporaire et les récidives sont plus fréquentes à moyen terme. Elle se discute au cas par cas.

Quelle différence entre épicondylite et épitrochléite ?

L’épicondylite touche la face externe du coude (tennis elbow). L’épitrochléite touche sa face interne : on l’appelle aussi golf elbow.

D’autres réponses sont regroupées dans notre page Tennis elbow : les questions les plus posées.

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Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Aucun résultat ne peut être garanti : l’indication d’une embolisation ou d’un autre geste repose sur une évaluation individuelle et relève d’une décision partagée. En cas d’urgence, appelez le 15.

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