Centre de la thyroïde · Parathyroïdes

Hyperparathyroïdie : symptômes et diagnostic par imagerie spécialisée

Un taux de calcium trop élevé sur une prise de sang, une parathormone élevée, une fatigue inexpliquée ou des calculs rénaux : ces éléments peuvent révéler une hyperparathyroïdie. Voici comment la reconnaître, confirmer le diagnostic et localiser la glande en cause.

Mise à jour Lecture 6 minutes

Qu’est-ce que l’hyperparathyroïdie ?

Les parathyroïdes sont de petites glandes, le plus souvent au nombre de quatre, situées derrière la thyroïde. Elles produisent la parathormone, ou PTH, qui règle le taux de calcium dans le sang.

On parle d’hyperparathyroïdie lorsque les parathyroïdes produisent trop de parathormone. Dans sa forme la plus fréquente, cet excès fait monter le calcium sanguin, avec des conséquences possibles sur les os, les reins et l’état général.

Schéma d’un buste en maillage montrant la thyroïde à la base du cou ; les parathyroïdes, responsables de l’hyperparathyroïdie, sont situées derrière elle.
Les parathyroïdes se trouvent derrière la thyroïde, représentée ici.

Hyperparathyroïdie primaire ou secondaire ?

FormeMécanismeBilan sanguin typique
Hyperparathyroïdie primaireUne parathyroïde, rarement plusieurs, produit trop de parathormone de façon autonome. Cause la plus fréquente : un adénome parathyroïdien, tumeur bénigne.Calcium élevé, parathormone élevée ou anormalement normale.
Hyperparathyroïdie secondaireLes parathyroïdes réagissent à un manque : carence en vitamine D, apport en calcium insuffisant, insuffisance rénale.Parathormone élevée, calcium normal ou bas.
Hyperparathyroïdie tertiaireAprès une forme secondaire prolongée, souvent chez les patients dialysés, les glandes deviennent autonomes.Calcium et parathormone élevés.

Cette page concerne surtout l’hyperparathyroïdie primaire, dont la prise en charge peut faire appel à l’imagerie et, dans certains cas, à des traitements guidés par l’image.

Les symptômes de l’hyperparathyroïdie

Aujourd’hui, l’hyperparathyroïdie est le plus souvent découverte par hasard, sur une prise de sang montrant un calcium élevé, avant tout symptôme. Lorsqu’ils existent, les signes sont variés et souvent peu spécifiques :

  • une fatigue, une faiblesse musculaire ;
  • des troubles de l’humeur ou de la concentration ;
  • une soif importante et des urines abondantes ;
  • une constipation, des nausées ;
  • des calculs rénaux, parfois révélés par une colique néphrétique ;
  • des douleurs osseuses, une ostéoporose ou des fractures.

Un calcium très élevé peut provoquer vomissements, déshydratation, somnolence ou confusion. Ces signes justifient une prise en charge en urgence : appelez le 15.

Parathormone élevée : quels symptômes et que faire ?

Une parathormone élevée sur une prise de sang ne donne pas, à elle seule, de symptôme particulier. Les signes éventuels dépendent surtout du taux de calcium associé et de la cause. C’est pourquoi ce résultat s’interprète toujours avec le calcium, la vitamine D et la fonction rénale :

  • parathormone et calcium élevés : ils orientent vers une hyperparathyroïdie primaire ;
  • parathormone élevée et calcium normal ou bas : il s’agit le plus souvent d’une forme secondaire, en particulier par manque de vitamine D, qui se corrige en traitant la cause ;
  • parathormone élevée et calcium normal, sans autre cause retrouvée : une forme primaire débutante est possible et nécessite un suivi.

Une précision utile

Ne modifiez pas vos apports en calcium ou en vitamine D sans avis médical. Le bon traitement dépend entièrement de la cause identifiée par le bilan.

Comment se fait le diagnostic de l’hyperparathyroïdie ?

Le diagnostic de l’hyperparathyroïdie est d’abord biologique. L’imagerie ne sert pas à le poser : elle intervient ensuite, pour localiser la glande responsable.

Hyperparathyroïdie : une médecin gantée examine le cou d’une patiente assise, qui lève la tête pendant la palpation.
L’examen du cou complète le bilan sanguin, qui pose le diagnostic.
  1. Bilan sanguin

    Dosage du calcium, de la parathormone, de la vitamine D, du phosphore et de la fonction rénale.

  2. Bilan urinaire

    Le calcium dans les urines de 24 heures aide à confirmer le diagnostic et à écarter d’autres causes.

  3. Retentissement

    Une ostéodensitométrie évalue la solidité des os ; une échographie des reins recherche des calculs.

  4. Localisation

    Lorsqu’un traitement est envisagé, l’imagerie recherche la ou les parathyroïdes en cause.

Localiser la parathyroïde en cause

Une parathyroïde normale est trop petite pour être vue. En revanche, un adénome apparaît le plus souvent comme un petit nodule situé derrière la thyroïde. Plusieurs examens se complètent pour le repérer :

ExamenCe qu’il apporte
Échographie cervicaleRepère un nodule parathyroïdien derrière la thyroïde et analyse sa vascularisation au Doppler. Réalisée au centre pendant la consultation.
Scintigraphie parathyroïdienneMontre la glande qui fixe le traceur de façon anormale. Réalisée en médecine nucléaire.
TEP-scannerExamen de médecine nucléaire très sensible, utile lorsque les autres examens sont discordants.
Scanner ou IRMPour les localisations difficiles, par exemple une glande située dans le thorax.

Les examens demandés dépendent de chaque situation et du traitement envisagé.

L’échographie réalisée pendant la consultation permet aussi de vérifier la thyroïde voisine, dont les nodules peuvent compliquer l’interprétation.

La glande en cause est localisée ?

Un adénome bien repéré peut, dans certains cas, être traité à travers la peau, sans chirurgie.

Voir les traitements

Après le diagnostic : quelle prise en charge ?

Pour une hyperparathyroïdie primaire, plusieurs options existent selon le taux de calcium, le retentissement osseux et rénal, l’âge et l’état de santé :

  • La surveillance : pour une forme modérée, sans complication, chez certains patients.
  • La chirurgie : l’ablation de la glande en cause est le traitement de référence et permet le plus souvent la guérison.
  • Les médicaments : ils peuvent faire baisser le calcium lorsque la chirurgie n’est pas possible.
  • Les traitements guidés par l’image : dans des cas sélectionnés, notamment lorsque la chirurgie est contre-indiquée ou non souhaitée, un adénome bien localisé peut être traité à travers la peau.
Hyperparathyroïdie : un médecin en blouse blanche tient un stéthoscope contre sa poitrine.
La décision de traitement se prend avec votre endocrinologue, en réunion pluridisciplinaire.

Pour une forme secondaire, le traitement vise d’abord la cause, comme la correction d’un manque de vitamine D.

Les traitements guidés par l’image sont détaillés dans nos pages Parathyroïde : traitement par techniques percutanées et Adénome parathyroïdien.

Calcium ou parathormone élevés sur votre bilan ?

Apportez vos prises de sang et vos examens : la consultation et l’échographie permettent de faire le point.

Questions fréquentes

L’hyperparathyroïdie est-elle grave ?

Elle est le plus souvent liée à une tumeur bénigne. Non traitée, elle peut toutefois fragiliser les os, favoriser des calculs rénaux et altérer la qualité de vie. C’est pourquoi un bilan et un suivi sont nécessaires.

Une parathormone élevée signifie-t-elle forcément une hyperparathyroïdie primaire ?

Non. Une parathormone élevée avec un calcium normal ou bas est souvent liée à un manque de vitamine D ou à une maladie des reins. Seul le bilan complet permet de faire la différence.

Peut-on guérir de l’hyperparathyroïdie primaire ?

Oui, le plus souvent. Lorsque la glande responsable est retirée ou traitée, le calcium et la parathormone se normalisent en général. Un suivi biologique permet de le vérifier.

Faut-il éviter le calcium dans l’alimentation ?

Non, pas sans avis médical. Réduire fortement le calcium n’est pas recommandé et peut aggraver la situation. Une bonne hydratation est en revanche conseillée.

Pour aller plus loin

Ressources de référence publiées par des organismes nord-américains (en anglais).

Prendre rendez-vous

Apportez vos prises de sang (calcium, parathormone, vitamine D, fonction rénale) et vos examens d’imagerie éventuels. L’échographie est réalisée pendant la consultation.

Centre de Radiologie Interventionnelle

Plusieurs centres en Île-de-France · 01 84 39 01 20

Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Le diagnostic d’une hyperparathyroïdie repose sur une analyse au cas par cas, en lien avec l’endocrinologue, conformément aux recommandations en vigueur. En cas d’urgence, appelez le 15.

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