Centre de la thyroïde

Thyroïdite : embolisation ciblée des formes réfractaires

La plupart des thyroïdites se soignent avec des traitements médicaux. Certaines formes restent douloureuses et inflammatoires malgré ces traitements. Dans ces situations sélectionnées, une embolisation ciblée des artères de la thyroïde peut être discutée, sans retirer la glande.

Mise à jour Lecture 4 minutes

Le principe de l’embolisation thyroïdienne

Schéma d’un buste en maillage montrant la glande thyroïde, à la base du cou, en avant de la trachée.
La thyroïde est irriguée par plusieurs artères, accessibles par voie percutanée.

Dans une thyroïdite active, la glande est le siège d’une inflammation qui s’accompagne d’une augmentation de la vascularisation. L’embolisation consiste à réduire sélectivement cet afflux sanguin dans les zones concernées, afin de diminuer l’inflammation et la douleur.

Sous guidage angiographique, le médecin identifie les artères thyroïdiennes impliquées, puis réalise une embolisation sélective et contrôlée. La glande n’est pas retirée : il s’agit d’un traitement ciblé qui préserve l’organe. Le même principe d’embolisation est utilisé pour certains goitres volumineux (voir Embolisation du goitre thyroïdien).

Les formes de thyroïdite, leurs symptômes, le diagnostic et le traitement médical sont détaillés sur notre page Thyroïdite : diagnostic et prise en charge.

Pour qui cette technique peut-elle se discuter ?

L’embolisation n’est envisagée que dans des situations très précises. Elle peut être proposée lorsque :

  • la thyroïdite est documentée et active (voir les étapes du diagnostic) ;
  • les symptômes persistent et sont invalidants ;
  • les traitements médicaux sont inefficaces ou mal tolérés ;
  • l’imagerie, notamment l’échographie Doppler, montre une hypervascularisation inflammatoire ciblée ;
  • l’indication est validée lors d’une discussion multidisciplinaire.

À retenir

Cette approche ne concerne pas les thyroïdites simples ou non compliquées, qui relèvent du traitement médical. Elle s’adresse uniquement aux formes réfractaires, après échec des traitements habituels.

Le déroulement de la procédure

  1. Installation

    Vous êtes installé en salle d’angiographie.

  2. Anesthésie

    Une anesthésie locale est réalisée, parfois associée à une sédation légère.

  3. Accès artériel

    Une ponction artérielle percutanée permet d’introduire un fin cathéter, guidé jusqu’aux artères de la thyroïde.

  4. Embolisation ciblée

    Les zones hypervascularisées sont traitées de façon sélective, sous contrôle continu par imagerie.

  5. Surveillance

    Une surveillance est assurée après la procédure, avant un retour à domicile rapide dans la majorité des cas.

Thyroïdite : une soignante gantée palpe le cou d’une patiente pour évaluer la thyroïde avant le traitement.
L’examen du cou et l’imagerie précèdent toute décision de traitement.

Les suites de l’intervention

  • Le jour même : surveillance après la procédure, puis retour à domicile dans la majorité des cas.
  • Les premiers jours : une gêne cervicale ou une fatigue peuvent être ressenties.
  • Le suivi : consultations, prises de sang et imagerie de contrôle, selon le calendrier fixé avec le médecin.

Ce que disent les données disponibles

Les séries publiées, principalement observationnelles, rapportent :

  • une amélioration des douleurs cervicales dans les jours ou les semaines suivant l’intervention ;
  • une diminution de l’hypervascularisation de la thyroïde à l’imagerie de contrôle ;
  • une tolérance globalement bonne.

Le niveau de preuve

Les données restent limitées : peu d’études, des effectifs faibles et un recul court. C’est pourquoi la sélection des patients est stricte et l’indication discutée au cas par cas. Aucun résultat ne peut être garanti.

Effets secondaires et risques

Les effets secondaires rapportés sont le plus souvent modérés et transitoires :

  • des douleurs cervicales temporaires ;
  • une réaction inflammatoire passagère ;
  • une fatigue légère ;
  • une gêne ou un hématome au point de ponction.

Comme tout geste médical, l’embolisation comporte des risques, notamment liés au traitement d’une région proche d’autres structures du cou. Ils vous sont expliqués avant toute décision.

Une thyroïdite douloureuse malgré le traitement ?

Apportez vos prises de sang, échographies et comptes rendus : le médecin évalue si cette option peut se discuter.

Questions fréquentes

L’embolisation remplace-t-elle le traitement médical ?

Non. Le traitement médical reste la première option. L’embolisation se discute uniquement lorsque les symptômes persistent malgré un traitement bien conduit.

La thyroïde est-elle retirée ?

Non. L’embolisation agit sur la vascularisation de la glande ; celle-ci est conservée.

Faut-il être hospitalisé ?

Le geste se fait sous anesthésie locale, parfois avec une sédation légère, avec une surveillance après la procédure et un retour à domicile rapide dans la majorité des cas.

Faudra-t-il prendre un traitement hormonal ensuite ?

La fonction de la thyroïde est surveillée avant et après le geste. Le suivi biologique permet d’adapter le traitement si nécessaire.

Comment préparer la consultation ?

Rassemblez vos prises de sang, échographies, comptes rendus et la liste de vos traitements. Les documents utiles sont listés sur la page Préparer votre examen.

Pour aller plus loin

Ressources de référence publiées par des organismes nord-américains (en anglais).

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Apportez vos prises de sang (TSH, hormones thyroïdiennes, anticorps, marqueurs d’inflammation), vos échographies et comptes rendus, ainsi que la liste de vos traitements.

Centre de Radiologie Interventionnelle

Plusieurs centres en Île-de-France · 01 84 39 01 20

Information médicale. Les informations présentées ont une vocation informative et pédagogique et ne remplacent pas une consultation médicale personnalisée. L’indication d’une embolisation thyroïdienne repose sur une évaluation spécialisée, réalisée au cas par cas, conformément aux recommandations médicales en vigueur.

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