Traitements mini‑invasifs · Utérus
Fibrome utérin : traitement par embolisation des artères utérines
Règles abondantes, pesanteur du bas-ventre, envies fréquentes d’uriner : les fibromes utérins sont fréquents et souvent silencieux, mais ils peuvent devenir gênants. L’embolisation permet de traiter les fibromes sans retirer l’utérus. Voici ce qu’elle apporte, son déroulement et ses limites.
Qu’est-ce qu’un fibrome utérin ?
Les fibromes utérins, aussi appelés myomes ou léiomyomes, sont des tumeurs bénignes qui se développent à partir du muscle de l’utérus. Ils peuvent être uniques ou multiples, et de taille très variable.
Des chiffres clés
Les fibromes concernent 20 à 30 % des femmes de plus de 30 ans, et 40 % à partir de 40 ans. Leur croissance s’arrête après la ménopause et leur taille peut alors diminuer. Source : Haute Autorité de Santé, rapport sur les fibromes utérins, 2023
La plupart des femmes n’ont aucun symptôme : les fibromes sont alors découverts par hasard, lors d’un examen gynécologique ou d’une échographie réalisée pour une autre raison.
Les trois types de fibromes
- les fibromes sous-séreux, sur la partie externe de la paroi de l’utérus, qui en déforment le contour ;
- les fibromes sous-muqueux, sur la partie interne, juste sous la muqueuse : ils déforment la cavité utérine ;
- les fibromes interstitiels, au milieu de la paroi, qui peuvent déformer à la fois l’utérus et sa cavité.
Les symptômes des fibromes utérins
- Des saignements : règles trop abondantes ou trop longues, parfois saignements en dehors des règles. Ils peuvent entraîner une anémie et une carence en fer, avec fatigue et essoufflement.
- Des douleurs pelviennes : douleurs de règles, sensation de pesanteur du bas-ventre, parfois douleurs pendant les rapports.
- Des troubles urinaires ou digestifs : quand les fibromes sont volumineux, ils compriment la vessie ou le côlon, d’où des envies fréquentes d’uriner ou une constipation.
- Des difficultés à concevoir ou des fausses couches précoces, surtout lorsque la cavité utérine est déformée.
Consultez en urgence en cas de saignement très abondant, de malaise, de douleur pelvienne brutale et intense, ou de fièvre associée à une douleur du bas-ventre. En cas d’urgence, appelez le 15.
L’embolisation des fibromes utérins
L’embolisation des artères utérines est un traitement de radiologie interventionnelle. Elle consiste à réduire l’apport sanguin des fibromes, ce qui entraîne leur diminution de volume et l’atténuation des symptômes, sans retirer l’utérus.
Elle peut traiter les trois types de fibromes au cours d’une même intervention.
Pour qui ?
Toutes les situations ne relèvent pas de l’embolisation. L’indication est posée au sein d’une équipe multidisciplinaire associant chirurgiens gynécologues, radiologues interventionnels et anesthésistes. C’est une alternative à l’ablation de l’utérus chez les patientes sans projet de grossesse. En cas de désir de grossesse, elle peut se discuter dans certaines situations, mais n’est pas le traitement de première intention : les techniques chirurgicales mini‑invasives sont alors privilégiées.
Le déroulement de l’intervention
Anesthésie locale
La navigation dans les artères n’est pas douloureuse. Un anesthésiste et une infirmière vous accompagnent pendant toute l’intervention.
Accès artériel
Le radiologue introduit un cathéter par voie fémorale, au pli de l’aine, et rejoint les artères hypogastriques puis les artères utérines. Une aortographie peut être réalisée si le fibrome est volumineux.
Embolisation
Des particules non résorbables et des microsphères calibrées sont injectées pour bloquer durablement l’apport sanguin des fibromes.
Fin du geste
L’intervention dure environ une heure. Aucune cicatrice n’est laissée.
Les suites de l’embolisation
- une courte hospitalisation est nécessaire, afin d’adapter les traitements antidouleur ;
- le lever est immédiat si le cathéter a été introduit au poignet, et intervient après environ 4 heures s’il a été introduit à l’aine ;
- le rétablissement à domicile dure en général 3 à 4 jours, nettement moins qu’après une chirurgie.
Des douleurs pelviennes, une fatigue, parfois une fièvre modérée sont fréquentes dans les jours qui suivent : c’est la réaction attendue de l’organisme au traitement, contrôlée par les antalgiques prescrits. Comme tout geste médical, l’embolisation comporte des risques, qui vous sont expliqués avant la décision. Aucun résultat ne peut être garanti.
Des fibromes qui vous gênent au quotidien ?
Apportez vos échographies, votre IRM pelvienne et vos comptes rendus : le médecin évalue si l’embolisation peut se discuter.
Les fibromes utérins et la fertilité
Les fibromes peuvent gêner la fécondation et la nidation, et favoriser des fausses couches précoces. Ce sont surtout ceux qui déforment la cavité utérine qui sont en cause.
La plupart des femmes porteuses de fibromes n’ont cependant aucun problème de fertilité : il n’y a donc pas lieu de traiter systématiquement des fibromes avant un projet de grossesse.
Chez les patientes infertiles, le traitement se discute au cas par cas. Les techniques chirurgicales mini‑invasives sont privilégiées en premier lieu : ce sont celles qui ont le plus de recul et le moins de complications pendant la grossesse.
Fibrome utérin et grossesse
Les complications obstétricales sont plus fréquentes chez les femmes porteuses de fibromes : accouchement prématuré, bébés de plus petit poids, césariennes plus fréquentes. Les fibromes sous-muqueux, interstitiels ou de plus de 3 cm sont principalement en cause.
Il ne faut pas pour autant dramatiser : il s’agit le plus souvent de complications mineures, et la grossesse est menée à terme avec un nouveau-né en bonne santé. Avoir des fibromes n’implique pas systématiquement une césarienne.
Pendant la grossesse, les fibromes ont tendance à grossir. Cette croissance rapide peut provoquer une douleur avec de la fièvre, appelée nécrobiose aseptique : sans gravité, elle se traite généralement par un traitement médical.
Questions fréquentes
Un fibrome peut-il devenir un cancer ?
Le fibrome est une tumeur bénigne. Sa transformation en cancer est exceptionnelle. Toute croissance rapide ou tout saignement inhabituel doit cependant être évalué par un médecin.
L’embolisation conserve-t-elle l’utérus ?
Oui. Elle agit sur la vascularisation des fibromes ; l’utérus n’est pas retiré, contrairement à l’hystérectomie.
Faut-il une hospitalisation ?
Une courte hospitalisation est nécessaire pour adapter les traitements antidouleur après le geste.
Quand les symptômes s’améliorent-ils ?
La diminution du volume des fibromes et l’amélioration des saignements sont progressives, sur plusieurs semaines à plusieurs mois. Un suivi est organisé avec l’équipe médicale.
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Apportez vos échographies pelviennes, votre IRM et leurs comptes rendus, vos bilans sanguins et la liste de vos traitements.
Centre de Radiologie Interventionnelle
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Information médicale. Les informations présentées ont une vocation informative et pédagogique et ne remplacent pas une consultation médicale personnalisée. L’indication d’une embolisation des fibromes utérins repose sur une évaluation spécialisée et une discussion multidisciplinaire, réalisées au cas par cas, conformément aux recommandations médicales en vigueur. En cas d’urgence, appelez le 15.
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