Névrome de Morton
Traitement du névrome de Morton : des solutions naturelles au geste mini‑invasif
Chaussage adapté, semelles, infiltration, puis cryoneurolyse ou radiofréquence pulsée : le traitement du névrome de Morton est progressif. L’objectif est de soulager la douleur en évitant, autant que possible, la chirurgie.
Le névrome de Morton en bref
Le névrome de Morton est un épaississement d’un petit nerf de l’avant‑pied, comprimé entre deux têtes de métatarsiens. Il siège le plus souvent entre le 3e et le 4e orteil. Ce n’est pas une tumeur.
Il se manifeste par une brûlure ou une décharge entre deux orteils et la sensation de marcher sur un caillou. Les chaussures serrées, les microtraumatismes de la marche ou de la course et les troubles d’appui de l’avant‑pied le favorisent.
Avant tout traitement, le diagnostic doit être confirmé par l’examen du pied et l’échographie. Pour en savoir plus, consultez notre page Névrome de Morton : symptômes et diagnostic.
Technique mise en avant
La cryoneurolyse : traiter la douleur par le froid
Lorsque le chaussage, les semelles et l’infiltration ne suffisent plus, la cryoneurolyse est une alternative à la chirurgie. Une sonde très fine, guidée par échographie, crée une petite zone de congélation autour du névrome : le froid interrompt la transmission de la douleur, sans retirer le nerf.
- sous anesthésie locale, par un point de ponction millimétrique ;
- sans incision ni suture ;
- vous repartez à pied le jour même ;
- l’enveloppe du nerf est préservée : le geste peut être renouvelé si la douleur revient.
Quel traitement pour le névrome de Morton ?
Le traitement du névrome de Morton suit une logique progressive. On commence par les mesures les plus simples, puis on propose un geste seulement si la douleur persiste. Le choix dépend de l’ancienneté des symptômes, de la taille du névrome, de votre activité et de vos attentes.
| Option | Principe | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Traitement naturelchaussage, semelles | Réduire la compression du nerf au quotidien. | Première étape, sans risque. Efficacité variable selon l’ancienneté des symptômes. |
| Infiltration guidée | Injection d’un anti-inflammatoire au contact du névrome, sous échographie. | Soulagement parfois temporaire. Le nombre d’injections est limité. |
| Cryoneurolyse | Le froid interrompt la transmission de la douleur par le nerf. | Sous anesthésie locale, en ambulatoire. La structure du nerf est préservée. |
| Radiofréquence pulsée | Des impulsions électriques modulent le signal douloureux, sans détruire le nerf. | Sous anesthésie locale, en ambulatoire. Le geste peut être renouvelé. |
| Chirurgie | Libération ou ablation du nerf épaissi. | L’ablation laisse une zone d’insensibilité entre les orteils. Récupération plus longue. |
Chaque indication est individuelle et se discute en consultation, selon votre situation.
Le traitement naturel du névrome de Morton
Par « traitement naturel », on entend les mesures sans médicament ni intervention. Elles constituent toujours la première étape et soulagent une partie des patients, surtout lorsque les symptômes sont récents.
- Des chaussures adaptées : larges à l’avant, à semelle souple et à talon bas, pour laisser de la place aux métatarsiens.
- Une semelle orthopédique : réalisée par un podologue, elle décharge l’espace douloureux et répartit mieux les appuis.
- L’adaptation des activités : réduire temporairement la course ou les sports d’impulsion.
- Des exercices du pied : étirements et massages, présentés dans notre page Un névrome de Morton peut-il se résorber ?
Ces mesures demandent quelques semaines pour produire leur effet. Si la douleur persiste malgré elles, il est alors temps d’envisager une autre option.
L’infiltration guidée par échographie
L’infiltration consiste à injecter un corticoïde, souvent associé à un anesthésique, au contact du névrome. Le guidage échographique permet de placer l’aiguille avec précision.
Elle calme l’irritation du nerf et soulage souvent la douleur. Toutefois, cet effet est parfois temporaire. En outre, les injections répétées de corticoïde peuvent amincir le coussinet graisseux de la plante du pied. C’est pourquoi leur nombre est limité. Lorsque la douleur revient, la cryoneurolyse prend le relais.
La cryoneurolyse du névrome de Morton
La cryoneurolyse, parfois appelée cryothérapie ou cryochirurgie, utilise le froid pour traiter la douleur. Une sonde très fine est placée au contact du névrome. Elle crée autour du nerf une petite zone de congélation, visible en temps réel à l’échographie.
Le froid interrompt alors la conduction des signaux douloureux. Contrairement à la chirurgie, le nerf n’est pas retiré : son enveloppe est préservée, ce qui distingue cette technique d’une destruction définitive.
Le déroulement
Installation et anesthésie locale
L’avant‑pied est désinfecté et anesthésié.
Repérage échographique
Le médecin localise précisément le névrome.
Mise en place de la sonde
Par un point de ponction millimétrique, sans incision chirurgicale.
Cycles de congélation
Sous contrôle continu de l’échographie, pour épargner les structures voisines.
Retour à domicile
Un pansement simple suffit. Vous repartez à pied le jour même.
Ce que permet la cryoneurolyse, et ses limites
- Un geste court, sous anesthésie locale, sans hospitalisation.
- Pas de cicatrice chirurgicale ni de suture.
- Une reprise rapide de la marche.
Toutefois, un inconfort local et un engourdissement transitoire des orteils sont possibles. Le soulagement est souvent progressif. Comme le nerf n’est pas retiré, la douleur peut réapparaître avec le temps ; le geste peut alors être discuté à nouveau.
Votre névrome relève-t-il d’un geste mini‑invasif ?
Apportez vos examens du pied et leurs comptes rendus : nous vous dirons si cette option peut se discuter dans votre cas.
La radiofréquence pulsée du névrome de Morton
La radiofréquence pulsée repose sur un autre principe. Une aiguille fine est placée près du nerf, sous échographie. Elle délivre un courant électrique par impulsions brèves, qui modifie la transmission du message douloureux.
Précisons que la radiofréquence pulsée ne brûle pas le nerf. Les impulsions sont espacées pour que la température reste basse. Il s’agit donc d’une technique de modulation, et non de destruction.
Ce que permet la radiofréquence pulsée, et ses limites
- Un geste en ambulatoire, sous anesthésie locale.
- Aucune destruction du nerf, ce qui limite le risque de perte de sensibilité.
- La possibilité de renouveler la séance si nécessaire.
En revanche, l’effet est progressif et sa durée varie d’un patient à l’autre. C’est pourquoi le choix entre les deux techniques se fait en consultation, selon la taille du névrome et votre situation.
Ce que disent les études
La cryoneurolyse et la radiofréquence pulsée sont pratiquées depuis plusieurs années pour le névrome de Morton (voir Pour aller plus loin). Les résultats publiés sont encourageants, mais ils proviennent surtout de séries de patients, avec un recul plus court que celui de la chirurgie.
C’est pourquoi une information complète avant la décision, puis un suivi organisé après le geste, font partie intégrante de la prise en charge.
La chirurgie : quand est-elle proposée ?
La chirurgie reste une option lorsque les autres traitements n’ont pas suffi. Deux approches existent : libérer le nerf en sectionnant le ligament qui le comprime, ou retirer la portion épaissie du nerf.
L’ablation du nerf laisse une zone d’insensibilité définitive entre les deux orteils concernés. Elle impose aussi une cicatrisation et une reprise d’appui plus progressive. Plus rarement, un nouveau névrome peut se former à l’extrémité du nerf sectionné. Ces éléments sont à mettre en balance avec les alternatives mini‑invasives.
Après le traitement : récupération et suivi
Après une cryoneurolyse ou une radiofréquence pulsée, vous rentrez chez vous le jour même, en marchant. Le médecin vous indique les précautions des premiers jours et le moment où reprendre le sport.
Une consultation de suivi permet ensuite d’évaluer l’évolution de la douleur. En parallèle, un chaussage adapté reste utile pour limiter la compression du nerf.
Une rougeur qui s’étend, un écoulement au point de ponction, de la fièvre ou une douleur qui augmente après le geste justifient d’appeler rapidement le centre.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur traitement du névrome de Morton ?
Il n’existe pas un traitement unique valable pour tous. On commence par le chaussage et les semelles. Si la douleur persiste, l’infiltration, puis la cryoneurolyse ou la radiofréquence pulsée sont discutées. Le choix se fait en consultation, selon votre situation.
Le traitement est-il douloureux ?
Les gestes sont réalisés sous anesthésie locale. La piqûre de l’anesthésie peut être ressentie, puis le traitement est en général bien toléré. Un inconfort local peut persister quelques jours.
Combien de temps avant d’être soulagé ?
Le délai varie d’un patient à l’autre. Après une cryoneurolyse ou une radiofréquence pulsée, le soulagement est souvent progressif. La consultation de suivi permet de faire le point.
La cryoneurolyse remplace-t-elle la chirurgie ?
Elle constitue une alternative à discuter avant la chirurgie : le nerf n’est pas retiré, il n’y a ni incision ni suture, et vous repartez à pied le jour même. La chirurgie reste possible si le soulagement est insuffisant.
Peut-on marcher après le traitement ?
Oui. Après une cryoneurolyse ou une radiofréquence pulsée, vous repartez à pied le jour même. Le médecin vous précise ensuite quand reprendre le sport.
Pour aller plus loin
Ressources de référence publiées par des organismes nord-américains (en anglais).
- Morton neuroma: diagnosis and treatment — Mayo ClinicÉtats-Unis. Les options de traitement, du chaussage à la chirurgie.
- Morton’s Neuroma — Cleveland ClinicÉtats-Unis. Fiche patient complète.
- Percutaneous Image-Guided Cryoneurolysis — American Journal of RoentgenologyÉtats-Unis. Article de référence sur la cryoneurolyse guidée par l’imagerie (pour les professionnels).
- Morton’s Neuroma — HealthLink BCCanada. Service d’information santé du gouvernement de la Colombie-Britannique.
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Responsabilité éditoriale. Contenu médical rédigé et validé sous la responsabilité du Dr Antoine Hakimé, radiologue interventionnel. Dernière revue médicale : septembre 2026. Les informations présentées ont une vocation informative et ne remplacent pas une consultation médicale. Aucun résultat ne peut être garanti : toute indication thérapeutique nécessite une évaluation individuelle et relève d’une décision partagée. En cas d’urgence, appelez le 15.
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